St Alexandre Ier (105 - 115)

Tirée du Catholic Encyclopedia, Londres, 1913
St Alexandre Ier

St Irénée de Lyon, écrivant dans le dernier quart du second siècle, le reconnaît comme le cinquième pape dans la succession des Apôtres, bien qu'il ne dise rien de son martyre. Son pontificat est diversement daté selon les critiques, par exemple 106-115 (Duchesne) ou 109-116 (Lightfoot). Dans l'antiquité chrétienne il était crédité d'un pontificat d'environ dix ans (Eusebius, Hist. Eccl. IV, i,) et il n'y a pas de raison de douter qu'il fut sur le "catalogue des évêques" dressé à Rome par Hégésippe (Eusebius, IV, xxii, 3) avant la mort du pape Eleuthère (c 189). Selon une tradition existant dans l'Eglise Romaine à la fin du cinquième siècle et rapportée dans le Liber Pontificalis, il souffrit le martyre de la mort par décapitation sur la Via Nomentana à Rome le 3 mai. La même tradition rapporte qu'il était Romain de naissance et qu'il dirigea l'Eglise sous le règne de Trajan (98-117). Elle lui attribue également, mais ce n'est pas tout à fait exact, l'insertion dans le canon, du Qui Pridie, ou paroles commémoratives sur l'institution de l'Eucharistie, qui est cependant certainement primitif et figure dans la messe originelle. Il est aussi réputé avoir introduit l'usage de l'eau bénite mêlée de sel pour purifier les maisons chrétiennes de toute influence maléfique (constituit aquam sparsionis cum sale benedici in habitaculis hominum). Duchesne ("Lib.Pont".,I,127) attire l'attention sur la persistance de cette ancienne coutume romaine par la présence d'une bénédiction dans le Sacramentaire Gélasien qui rappelle forcément la véritable prière d'aspersion du début de la messe. En 1855, un cimetière semi-souterrain des saints martyrs Alexandre, Eventulus et Theodulus fut découvert près de Rome, à l'endroit que la tradition ci-dessus mentionnée déclare être le lieu de martyre du pape. Selon quelques archéologues, cet Alexandre serait identique au pape, et cette tombe ancienne et importante marquerait le site réel du martyre du pape. Duchesne, cependant, (op. cit., I, xci-ii) nie l'unicité du martyr et du pape, tout en admettant que la confusion des deux personnages est ancienne, probablement antérieure au début du sixième siècle, où le Liber Pontificalis fut constitué pour la première fois. [Dufourcq, Gesta Martyrum Romains (Paris, 1900), 210-211]. Les difficultés soulevées ces temps derniers par Richard Lipsius ("Chronologie der romischen Bischofe", Kiel, 1869) et Adolphe Harnack ("Die Zeit des Ignatius u. die Chronologie der antiochenischen Bischofe", 1878) concernant les premiers successeurs de Saint Pierre sont valablement discutées et résolues par F.S (Cardinal Francesco Segna) dans son "De successione priorum Romanorum Pontificum " (Rome 1897); avec modération et érudition, l'évêque Lightfoot dans son "Apostolic Fathers: St. Clement" (Londres, 1890) I, 201-34 - et particulièrement par Duchesne dans son introduction à son édition du Liber Pontificalis (Paris, 1886) I, i-xlviii and lxviii-lxxiii. . Les lettres attribuées à Alexandre Ier par le Pseudo-Isidore peuvent être consultées dans P. G., V, 1057 sq., et dans Hinschius, "Decretales Pseudo-Isidorianae" (Leipzig, 1863) 94-105. Ses prétendus "Actes" ne sont pas authentiques, et furent constitués à une date bien ultérieure (Tillemont, Mem. II, 590 sqq; Dufourcq, op. cit., 210-211).


 

THOMAS J. SHAHAN
Tiré de "Catholic Encyclopedia", copyright © 1913 by the Encyclopedia Press, Inc. Traduction française : Bertrand Blochet, Février 2000.