Benoît XI (1303 - 1304)

Tirée du Catholic Encyclopedia, Londres, 1913
Benoît XI

(NICOLAS BOCCASSINI)

Né à Trévise, en Italie, en 1240; décédé à Pérouse le 7 juillet 1304. Il entra chez les dominicains à l'âge de quatorze ans. Après quatorze ans d'études, il devint lecteur en théologie, charge qu'il exerça pendant quelques années. En 1296,il fut élu Maître Général de l'Ordre. Comme, à cette époque, l'hostilité à Boniface VIII devenait plus prononcée, le nouveau général publia une ordonnance interdisant à ses sujets de favoriser en quoi que ce soit les opposants au pontife régnant; il leur enjoignit aussi de défendre dans leurs sermons, quand l'occasion s'en présentait, la légitimité de l'élection de Boniface. Cette loyauté de Boccasini, qui demeura inflexible jusqu'à la fin, fut reconnue par Boniface, qui lui témoigna de nombreuses marques de faveur et de confiance. Ainsi, avec les deux caridinaux-légats, le Général Dominicain forma une importante ambassade, dont le but était de conclure un armistice entre Edouard Ier d'Angleterre et Philippe IV de France, alors en guerre l'un contre l'autre. En 1298, Boccasini fut élevé au cardinalat; il fut ensuite nommé évêque d'Ostie et Doyen du Sacré Collège. Comme à cette époque la Hongrie était en proie à la guerre civile, l'évêque-cardinal y fut envoyé par le Saint-Siège comme légat a latere pour oeuvrer à la restauration de la paix. Lors du retour à Rome du légat, la célèbre querelle de Boniface VIII avec Philippe le Bel avait atteint son paroxysme. Quand, en 1303, les ennemis du pape se rendirent maîtres du palais sacré, de tous les cardinaux et prélats, seuls les deux évêques-cardinaux d'Ostie et de Sabina demeurèrent aux côtés du vénérable pontife pour le défendre contre la violence de Guillaume de Nogaret et Sciarra Colonna.

Un mois après cette scène de violence, Boniface étant décédé, Boccasini fut élu pape à l'unanimité le 22 octobre. Il prit le nom de Benoît XI. L'événement principal de son pontificat fut la restauration de la paix avec la cour de France. Aussitôt après son élection, Philippe envoya au pape trois ambassadeurs, porteurs d'une lettre de félicitations. Le roi, tout en professant son obéissance et sa dévotion, recommandait à la bienveillance du pape le royaume et l'Eglise de France. Benoît, jugeant qu'une politique indulgente était nécessaire à la restauration de la paix avec la cour de France, lava Philippe et ses sujets de la censure qu'ils encouraient et restaura le roi et son royaume dans les droits et privilèges dont ils avaient été privés par Boniface. Les cardinaux Colonna furent aussi absous de leurs censures, mais ne furent pas rétablis dans leurs anciennes dignités. Benoît conduisit cette politique de clémence sans pour autant compromettre la dignité du Saint Siège ni la mémoire de Boniface VIII. Nogaret et Sciarra Colonna ainsi que ceux qui s'étaient trouvés impliqués dans l'outrage d'Anagni furent déclarés excommuniés et sommés d'apparaître devant le tribunal pontifical. Après un bref pontificat de huit mois, Benoît mourut subitement à Pérouse. On soupçonna, non sans quelque raison, que sa mort subite fut causée par un empoisonnement commandité par Guillaume de Nogaret. Benoît XI fut béatifié en 1773. Sa fête est célébrée à Rome et dans l'ordre des dominicains le 7 juillet. Il est l'auteur d'un volume de sermons et de commentaires sur une partie de l'évangile selon Saint Matthieu, sur les psaumes, le livre de Job et l'Apocalypse.


PTOL. LUC., Hist. Eccl. III, 672; BERNARDUS GUIDONIS, Vit. pont. rom., IX, 1010; Script. Ord. Præd.,Les registres de Benoît XI (Paris, 1883); FUNKE, Papst Benedikt XI (Münster, 1891); ARTAUD DE MONTOR, History of the Pop pes (New York, 1867), I, 481-484; Année Dominicaine, vii, 125-54; 874-77; et la monographie de FERRETON (Trévise, 1904).

M.A. WALDRON
Tiré de "Catholic Encyclopedia", copyright © 1913 by the Encyclopedia Press, Inc. Traduction française : Bertrand Blochet, Septembre 2004.