Benoît III (855 - 858)

Tirée du Catholic Encyclopedia, Londres, 1913
Benoît III

Date de naissance inconnue; décédé le 17 avril 858. L'élection de Benoît, Romain érudit et ascétique, fils de Pierre, fut une élection troublée. A la mort de Léon IV (17 juillet 855) Benoît fut choisi pour lui succéder, et des émissaires furent expédiés pour assurer la ratification du décret d'élection par les empereurs Lothaire et Louis II. Mais les légats trahirent la confiance et se laissèrent influencer par un cardinal ambitieux et excommunié, Anastase. Les missi impériaux, gagnés à leur tour à cette cause, tentèrent d'installer de force Anastase sur le siège de l'Eglise Romaine. Benoît fut insulté et emprisonné. Toutefois, la plus grande partie du peuple et du clergé lui demeurait fidèle, et les missi durent se rétracter. Benoît fut alors consacré le 29 septembre , ou le 6 octobre, en 855, et bien que son rival fût condamné par un synode, il l'autorisa à rentrer dans la communion de l'Eglise. En raison de dissensions et d'attaques de l'extérieur, le royaume des Francs était en désordre, et l'Eglise se trouvait oppressée dans ses frontières. Benoît écrivit aux évêques Francs, attribuant une grande partie des misères de l'empire à leur silence (cf. Capitularia regum Francorum, ed. Boretius, II, 424); et pour atténuer ces maux internes il tenta de faire fléchir le puissant sous-diacre Hubert (Ep. Bened., in Mon. Germ. Epp., V, 612), qui était le beau-frère de Lothaire II, roi de Lorraine, et qui défia les lois divines et humaines jusqu'à ce qu'il fût tué, en 864. Dans un appel lancé à Benoît depuis l'Orient, il tint la balance équilibrée entre saint Ignace, patriarche de Constantinople, et Grégoire, évêque de Syracuse. Il reçut la visite du roi Anglo-Saxon Ethelwulf avec son célèbre fils Alfred, et compléta la restauration de la Schola Anglorum, détruite par le feu en 847. Il poursuivit l'oeuvre de réparation des dommages causés aux églises romaines par le raid sarrasin de 846. Il fut enterré près de la porte principale de Saint-Pierre. Une de ses pièces prouve qu'il n'y eut pas de pape Jean entre Léon IV et lui-même. [Garampi, De nummo argenteo Bened. III (Rome, 1749)].


La plus importante source historique des neuf premiers papes qui portèrent le nom de Benoît est constituée par les biographies du Liber Pontificalis, dont l'édition la plus utile est celle de Duchesne, Le Liber Pontificalis (Paris, 1886-92), et la plus récente celle de Mommsen, Gesta Pontif. Roman. (seulement jusqu'à la fin du règne de Constantin, Berlin, 1898). Jaffé, Regesta Pont. Rom. (2d ed., Leipzig, 1885), donne un résumé des lettres de chaque pape et indique où elles peuvent être lues dans leur intégralité. Des contributions modernes sur ces papes se trouveront dans toutes les grandes histoires de l'Eglise ou de la ville de Rome. La plus complète contribution de langue Anglaise se trouve dans Mann, Lives of the Popes in the Early Middle Ages (Londres, 1902, passim).

HORACE K. MANN
Tiré de "Catholic Encyclopedia", copyright © 1913 by the Encyclopedia Press, Inc. Traduction française : Bertrand Blochet, Septembre 2003.