Benoît VIII (1012 - 1024)

Tirée du Catholic Encyclopedia, Londres, 1913
Benoît VIII
Date de naissance inconnue; décédé le 9 avril 1024. Le premier des papes Toscans, étant le fils de Grégoire, Comte de Toscane, et de Maria, et le frère de Jean XIX. Il fut, bien que laïc, imposé sur la chaire de Pierre par la force (18 mai 1012). Néanmoins, quoi qu'ayant délogé un rival, il devint un dirigeant bon et fort. Le 14 février 1014 il couronna empereur le roi Allemand Henry II, (Thietmar, Chron., VI, 61) et lui garda toujours son amitié. La paix en Italie fut obtenue par son ascendant sur les Crescentii, sa victoire sur les Sarrasins et son alliance avec les Normands, qui apparurent au sud de la péninsule à cette époque. Se rendant en Allemagne, il consacra la cathédrale de Bamberg (Ann. Altahen. Majores, 1020; Chron. Cass., II, 47), visita le monastère de Fulda, et obtint d'Henry une charte confirmant les donations de Charlemagne et d'Othon. Pour restreindre les vices d'incontinence cléricale et de simonie, il tint avec l'empereur un important synode à Pavie (1022 -Labbe, Concilia, IX, 819) et soutint la réforme qui était en oeuvre au grand monastère de Cluny. Pour poursuivre les intérêts de la paix, il encouragea la Trève de Dieu et accepta l'avancement ecclésiastique de Gauzlin, le frère naturel de Robert le Pieux, roi de France. Il fit cela parce que, quoiqu'illégitime, Gauzlin était un homme bon, et son frère, homme loyal, était très désireux de sa promotion. Benoît VIII fut l'un des nombreux papes qui furent sollicités pour intervenir dans l'interminable querelle de préséance entre les patriarches de Grado et d'Aquileia (Dandolo, Chron., IX, 2, n. 2). En 1022, il reçut Ethelnoth de Canterbury « avec grand honneur et le nomma très solennellement archevêque », et confirma dans sa position Leofwine, Abbé d'Ely (A.S. Chron., 125, 6, R.S.). Ami de saint Odilon, abbé de Cluny, et l'un des rares papes du Moyen-Age à avoir été puissant à la fois à Rome et dans les pays lointains, Benoît VIII a, sur des bases insuffisantes semble-t-il, été accusé d'avarice.

HORACE K. MANN
Tiré de "Catholic Encyclopedia", copyright © 1913 by the Encyclopedia Press, Inc. Traduction française : Bertrand Blochet, Février 2000.