Benoît IX (1032 - 1047)

Tirée du Catholic Encyclopedia, Londres, 1913
Benoît IX
Neveu de ses deux prédécesseurs immédiats, Benoît IX fut un homme de caractère très différent des leurs. Il fut une disgrâce pour la Chaire de Pierre. La considérant comme une sorte d'héritage, son père, Albéric, l'y plaça alors qu'il n'était encore qu'un tout jeune homme, toutefois non âgé de douze ans seulement comme le rapporte Raoul Glaber (Hist., IV, 5, n. 17. Cf. V, 5, n. 26), mais d'environ vingt ans (Octobre 1032). De ses actes pontificaux on sait peu de chose, si ce n'est qu'il tint deux ou trois synodes à Rome et octroya de nombreux privilèges à diverse églises et monastères. Il imposa à Bretislav, Duc de Bohême, de fonder un monastère, pour avoir emporté de Pologne le corps de Saint Adalbert. En 1037, il se rendit dans le Nord pour rencontrer l'empereur Conrad, et excommunia Heribert, archevêque de Milan, dont il s'était fait un ennemi personnel (Ann. Hildesheimenses, 1038). Tirant avantage de la vie dissolue qu'il menait, l'une des factions de la ville l'en chassa (1044) au milieu du plus grand désordre, et nomma un antipape (Sylvestre III) en la personne de Jean, évêque de Sabina (1045 -Ann. Romani, init. Victor, Dialogi, III, init.). Benoît, cependant, parvint à chasser Sylvestre la même année; mais, dans le but de se marier, aux dires de certains, il démissionna de sa charge en faveur de l'archiprêtre Jean Gratien contre une forte somme d'argent. Jean fut élu pape et devint Grégoire VI (Mai 1045). Se repentant de son marchandage, Benoît tenta de déposer Grégoire. Cela eut pour résultat de provoquer l'intervention du roi Henry III. Benoît, Sylvestre et Grégoire furent tous trois déposés au concile de Sutri (1046) et un évêque Allemand (Suidger) devint pape sous le nom de Clément II. Après son rapide décès, Benoît reprit Rome (Novembre 1047), mais en fut de nouveau chassé pour laisser la place à un autre pape allemand, Damase II (Novembre 1048). On ne connaît pas avec certitude la fin de Benoît. Certains auteurs supposent qu'il vivait encore lorsque Léon IX mourut, et n'avait jamais cessé de convoiter un retour à la papauté. Mais la vérité réside plus probablement dans la tradition de l'Abbaye de Grottaferrata, relatée d'abord par l'abbé Luc, qui mourut vers 1085, et corroborée par un sépulcre et d'autres monuments inclus dans ses murs. Ecrivant au sujet de Barthélémy, son quatrième abbé (1065), Luc, parle du jeune pontife se détournant de son péché et venant à Barthélémy pour trouver un remède à ses désordres. Sur le conseil du saint, Benoît renonça définitivement à la papauté et mourut en pénitence à Grottaferrata [voir « Benoît à Grottaferrata », Rome, 1895, ouvrage fondé sur cet autre, plus important: « De Sepulcro Benedicti IX », par Dom Greg. Piacentini (Rome, 1747).

HORACE K. MANN
Tiré de "Catholic Encyclopedia", copyright © 1913 by the Encyclopedia Press, Inc. Traduction française : Bertrand Blochet, Février 2000.