St Clément Ier (88 - 97)

Tirée du Catholic Encyclopedia, Londres, 1913
St Clément Ier

Le pape Clément Ier (appelé Clemens Romanus pour le distinguer de Clément d'Alexandrie) est le premier des successeurs de Saint Pierre dont on sache quelque chose de certain, et il est le premier des "Pères Apostoliques". Sa fête est célébrée le 23 novembre. Il a laissé un écrit authentique, une lettre à l'Eglise de Corinthe, et bien d'autres écrits lui ont été attribués.

I. LE QUATRIEME PAPE

Selon Tertullien, écrivant en 199, l'Eglise de Rome affirmait que Clément avait été ordonné par Saint Pierre (De Praescript., xxxii), et Saint Jérôme nous dit qu'à cette époque, "la plupart des latins" tenaient Clément pour le sucecsseur immédiat de l'Apôtre (De viris illustr., xv). Saint Jérôme lui-même en plusieurs autres endroits suit cette opinion, mais ici il indique clairement que Clément fut le quatrième pape. Les preuves les plus anciennes témoignent d'une grande variété d'opinion. La plus ancienne liste des papes fut composée par Hégésippe à l'époque du pape Anicet, vers 160 (Harnack l'attribue à un auteur anonyme sous Soter, vers 170), liste citée par St Epiphane (Haer., xxvii, 6). Elle semble avoir été utilisée par Saint Irénée (Haer., III, iii), par Jules Africanus, qui composa une chronographie en 222, par l'auteur du troisième ou quatrième siècle d'un poème latin contre Marcion, et par Hippolyte, qui étend la chronologie jusqu'à 234, et elle se trouve probablement reprise dans le Catalogue Libérien de 354. Ce catalogue fut lui-même adopté dans le Liber Pontificalis. Eusèbe, dans sa chronique et son histoire, se servit des travaux d'Africanus; dans cette dernière, il corrigea légèrement les dates. La chronique de Saint Jérôme est une traduction de celle d'Eusèbe, et constitue notre principal moyen de retrouver l'original Grec de ce dernier, la version Arménienne et les épitomes coptes n'étant pas fiables.

Les divergences sur l'ordre sont les suivantes:

1. Linus, Clet, Clément (Hégésippe, ap.Epiphanium, Le canon de la Messe).
Linus, Anenclet, Clément (Irénée, Africanus ap.Eusebium).
Linus, Anaclet, Clément (Jérôme)
2. Linus, Clet, Anaclet, Clément (Poème contre Marcion)
3. Linus, Clément, Clet, Anaclet (Hippolyte(?), Catalogue Libérien, Liber Pontificalis)
4. Linus, Clément, Anaclet (Optatus, Augustin)

Aujourd'hui, nul critique ne doute que Clet, Anaclet et Anenclet soient la même personne. Anaclet est une erreur latine, Clet est un diminutif (et plus chrétien) d'Anenclet. Lightfoot pensa que la tranposition de Clément dans le Catalogue Libérien était un simple accident, comme l'erreur similaire "Anicetus, Pius" pour "Pius Anicetus", plus loin dans la même liste. Mais cela peut avoir été une altération délibérée de la part d'Hippolyte, basée sur la tradition mentionnée par Tertullien. Saint Irénée (III,iii) nous dit que Clément "vit les saints apôtres et conversa avec eux, et eut toujours présent à l'oreille l'enseignement des Apôtres et devant les yeux leur tradition, et pas lui seulement, car beaucoup vivaient encore en ce temps, qui avaient été instruits par les Apôtres". De la même façon, Epiphane nous dit (d'après Hégésippe) que Clément fut un contemporain de Pierre et de Paul. Maintenant, considérons que Linus et Clet avaient chacun douze ans de pontificat attribués sur la liste. Si Hippolyte trouva Clet doublé par erreur, l'accession de Clément apparaîtrait trente-six ans après la mort des Apôtres. Comme cela rendrait quasiment impossible que Clément ait pu être leur contemporain, cela peut avoir amené Hippolyte à le décaler vers une position plus reculée dans le temps. De plus, Saint Epiphane dit (loc.cit) "Nous ne savons pas vraiment s'il reçut l'ordination épiscopale de la main de Pierre durant la vie des Apôtres et déclina cette charge, car il dit dans une de ses épîtres: 'Je me retire, je m'en vais, que le peuple de Dieu soit en paix.' (car nous avons trouvé cela rapporté dans certains mémoires) ou s'il fut nommé par l'évêque Clet après qu'il eut succédé aux Apôtres". Les "mémoires" étaient certainement ceux d'Hégésippe. Il semble improbable qu'il soit cité uniquement pour l'extrait de l'épître, mais plus vraisemblablement Epiphane veut dire qu'Hégésippe supposait que Clément avait été ordonné par Pierre et refusa de devenir évêque, mais vingt-quatre ans plus tard il exerça réellement cettte charge pendant neuf ans. Epiphane ne pouvait réconcilier ces deux faits; Hippolyte semble avoir rejeté le second.

Chronologie

La date sous-entendue par Hégésippe n'est pas difficile à retrouver. Epiphane suppose qu'il plaça le martyre des apôtres dans la douzième année de Néron. Africanus calcula cette date à la quatorzième année (car il avait attribué une année de moins aux règnes de Caligula et de Claude), et ajouta la date impériale pour l'accession de chaque pape; mais ayant deux ans de moins jusqu'à Anicet, il ne pouvait obtenir les intervalles concordant avec les durées épiscopales données par Hégésippe. Il avait une difficulté parallèle dans sa liste des évêques d'Alexandrie.

Hégésippe

Durée

Africanus (Eusèbe)

Durée

delta

Intervalle

dates A.D

Linus

12

Néron

14

12

Néron

66

Clet

12

Titus

2

12

Vespasien

78

Clément

9

Domitien

12

(7)

Domitien

80

Evariste

8

Trajan

2

(10)

Trajan

99

Alexandre

10

Trajan

12

10

Trajan

107

Sixte

10

Hadrien

3

(9)

Hadrien I

117

Telesphore

11

Hadrien

12

(10)

Hadrien II

127

Hygin

4

Antoine

1

4

Antoine

138

Pie

15

Antoine

5

15

Antoine

142

Anicet

 

Antoine

 

20

Antoine

157

 

Si nous commençons, comme Hégésippe a tenté de le faire, avec la douzième année de Néron (dernière colonne), la somme de ses années concorde pour les trois derniers papes. Mais Africanus a commencé avec une erreur de deux années et, en vue de coller avec Hygin il doit enlever une année à chacun des deux papes précédents, Sixte et Télésphore. Mais il y a une date discordante, l'an 2 de Trajan, qui donne sept et dix ans à Clément et Evariste eu lieu de neuf et huit. A l'évidence, il se sentit obligé d'insérer une date traditionnelle et en fait nous voyons que l'an 2 de Trajan fut la date supposée par Hégésippe. Or nous savons qu'Hégésippe affirme que Clément connut les apôtres, et qu'il ne dit rien des autres papes jusqu'à Telesphore "qui fut un glorieux martyre". Il n'est donc pas surprenant de découvrir qu'Africanus avait, outre la durée des épiscopats, deux dates fixes tirées d'Hégésippe, celle de la mort de Clément dans la seconde année de Trajan, et celle du martyre de Télésphore dans la première année d'Antoine le Pieux. Nous pouvons ainsi affirmer qu'aux environs de l'an 160, la mort de Clément était reconnue avoir eu lieu en 99.

 

Identité

Origène identifie le pape Clément avec le compagnon de travail de Saint Paul, Phil., iv, 3, et ainsi font Eusèbe, Epiphane et Jérôme - mais ce Clément était probablement un Philippien. Au milieu du dix-neuvième siècle il était courant d'identifier le pape comme le consul de 95, T.Flavius Clemens, qui fut martyrisé par son cousin germain, l'empereur Domitien, à la fin de son consulat. Mais les anciens n'ont jamais suggéré cela, et le pape est censé avoit vécu jusqu'au règne de Trajan. Il est improbable qu'il fût membre de la famille impériale. L'usage continuel de l'Ancien Testament dans son épître fit penser à Lightfoot, Funk, Nestle et à d'autres qu'il était plutôt d'origine juive. Probablement était-il un affranchi ou un fils d'affranchi du service de l'empereur, qui incluait des milliers ou des dizaines de milliers d'hommes. Nous savons qu'il y avait des chrétiens au palais de Néron (Phil., iv, 22). Il est très probable que les détenteurs de la lettre de Clément, Claudius Ephebus et Valerius Vito, furent de ce nombre, car les noms de Claudius et Valerius apparaissent très fréquemment dans les inscriptions parmi les hommes affranchis par l'empereur Claude (et ses deux prédecesseurs) et sa femme Valeria Messalina. Les deux messagers sont décrits comme des "hommes prudents et fidèles, qui ont marché parmi nous depuis leur jeunesse jusqu'à un âge avancé sans avoir encouru aucun blâme", ainsi ils étaient probablement déjà des chrétiens et vécurent à Rome avant la mort des Apôtres environ trente ans plus tôt. Durant la persécution de Néron, le préfet de Rome était Titus Flavius Sabinus, frère aîné de l'empereur Vespasien, et père du Clément martyre. Flavia Domitille, épouse du martyre, était la petite fille de Vespasien, et la nièce de Titus et Domitien; elle peut avoir subi le martyre suite aux rigueurs de son bannissement. La catacombe de Domitille est désignée par ses inscriptions avoir été fondée par elle-même. Qu'elle soit distincte d'une autre Domitille, "Vierge et martyre", est chose incertaine. Le consul et sa femme eurent deux fils, Vespasien et Domitien, qui eurent Quintilien pour tuteur. On ne sait rien de leur vie. Le frère aîné du martyr Clément fut T.Flavius Sabinus, consul en 82, mis à mort par Domitien, dont il avait épousé la soeur. le pape Clément est présenté comme son fils dans les Actes des Saints Nereus et Achilleus, mais cela le rendrait trop jeune pour avoir connu les Apôtres.

Martyre

De la vie et de la mort de Saint Clément, on ne sait rien. Les actes grecs apocryphes de son martyre furent imprimés par Cotelier dans son "Patres Apost." (1724, I, 808; réédité à Migne, P. G., II, 617, meilleure édition par Funk, "Patr. Apost.", II, 28). Ils relatent qu'il avait converti Theodora, épouse de Sisinnius, un courtier de Berva, et (au vu de miracles) Sisinnius lui-même et quatre cent vingt-trois autres personnes de haut rang. Trajan bannit le pape par un exil en Crimée, où il étancha la soif de deux mille Chrétiens par un miracle. Le peuple du pays se convertit, soixante-quinze églises sont construites. Trajan, en conséquence, ordonne que Clément soit jeté à la mer avec une ancre de fer. Mais la marée, chaque année, recule de trois kilomètres, découvrant une châsse de fabrication divine contenant les os du martyre. Cette histoire n'est pas plus vieille que le quatrième siècle. Elle est connue de Grégoire de Tours au sixième siècle. Aux environs de 688, Saint Cyrille, alors qu'il se trouvait en Crimée pour évangéliser les Khazars, déterra quelques os d'une butte (non d'une tombe sous la mer), et aussi une ancre. On crut alors qu'il s'agissait des reliques de Saint Clément. Saint Cyrille les emmena à Rome, et elles furent déposées par Adrien II avec celles de Saint Ignace d'Antioche dans l'autel majeur de la basilique Saint-Clément de Rome. L'histoire de cette translation est évidemment authentique, mais il semble qu'il n'y avait aucune tradition en rapport avec la colline, qui fut simplement considérée comme un lieu plausible pour une tombe. L'ancre semble être la seule preuve d'identité mais nous ne pouvons pas en déduire qu'elle appartenait aux ossements éparpillés (cf Acta SS., 9 Mars, II, 20.). Saint Clément est mentionné comme martyr d'abord par Rufinus (vers 400). Le pape Zosyme, dans une lettre à l'Afrique en 417, relate le procès et l'acquittement partiel de l'hérétique Caelestius dans la basilique Saint-Clément; le pape avait choisi cette église parce que Clément avait reçu la foi de Saint Pierre, et avait donné sa vie pour cette foi. Il est aussi appelé martyr par l'écrivain connu sous le nom de Praedestinatus (v 430) et par le synode de Vaison en 442. Les critiques modernes pensent qu'il est possible que son martyre fût suggéré par une confusion avec son homonyme, le consul martyr. Mais l'absence de tradition pour son enterrement à Rome fait pencher en faveur de sa mort en exil.

La basilique

L'église de Saint Clément à Rome s'étend dans la vallée située entre les collines Esquiline et Coelienne, sur la route du Colisée au Latran. Elle est maintenant entre les mains de la Province Irlandaise des Dominicains. Avec son atrium, son choeur entouré d'un mur, son portique, c'est le plus parfait modèle de basilique primitive dans Rome, bien qu'elle ne fût construite qu'aux premières années du douzième siècle par Pascal II, après la destruction de cette partie de la ville par les Normands sous Robert Guiscard. Pascal II suivit les plans de l'ancienne église, sur une échelle plutôt réduite, et employa quelques-uns des matériaux d'origine. Le mur de marbre de choeur actuel date de Jean II (533-535). En 1858 l'ancienne église fut déterrée, sous le bâtiment actuel, par le Frère Prieur Mulooly. Encore au-dessous, on trouva des chambres datant de l'époque impériale et des murs de la période républicaine. L'église inférieure fut construite sous Constantin (337) ou peu après. Saint Jérôme laisse supposer qu'elle n'était pas neuve à son époque: "nominis eius [Clementis] memoriam usque hodie Romae exstructa ecclesia custodit" (De viris illustr., xv). Elle est mentionnée dans les inscriptions de Damase (d.383) et Sirice (d.398). De Rossi pensait que les chambres inférieures appartenaient à la maison de Clément, et la que la chambre placée juste sous l'autel était probablement le mémorial originel du saint. Ces chambres communiquaient avec un autel à Mithras, qui s'étendait sous l'abside de l'église, au niveau le plus bas. De Rossi supposa qu'il s'agissait là d'une chapelle chrétienne délibérément saccagée par les autorités durant la dernière persécution. Lightfoot a suggéré que les salles ont pu appartenir à la maison de T. Flavius Clemens, le consul, prise plus tard par erreur pour la demeure du pape; mais cela semble tout à fait gratuit. Dans le sanctuaire de Mithras une statue du Dieu Berger fut trouvée.

II LES PSEUDO-ECRITS DE CLEMENT

De nombreux écrits ont été faussement atribués au pape Saint Clément Ier:

1. La "Seconde Epitre Clementine aux Corinthiens", discutée au III.

2. Deux "Epitres aux Vierges", écrites en syriaque dans un manuscrit trouvé à Amsterdam en 1470. Les originaux grecs sont perdus. De nombreux critiques les ont crus authentiques, car ils étaient connus de Saint Epiphane au quatrième siècle (qui parle de leur lecture dans les églises) et de Saint Jérôme. Mais on sait maintenant qu'elles ne peuvent être écrites de la même main que l'auteur de la véritable Epitre aux Corinthiens. Quelques auteurs, comme Hefele et Westcott, les ont datées de la seconde moitié du deuxième siècle, mais le troisième est plus probable (Harnack, Lightfoot). Harnack pense que les deux lettres n'en formaient qu'une à l'origine. Elles furent éditées d'abord par Welstein en 1470, avec traduction latine, rééditées par Galladni "Bibl. vett. Patr.", I, et Migne, P. G., I. On les trouve aussi, en Latin seulement, dans Mansi, "Concilia", I, et Funk "Patres Apost.", II. voir Lightfoot, "Clement of Rome" (Londres, 1890) I Bardenhewer, "Gesch. der altkirchl. Litt." (Freiburg im Br., 1902), I; Harnack in "Sitzungsber. der k. preuss. Akad. der Wiss." (Berlin, 1891), 361 et "Chronol." (1904), II, 133.

3. En tête du recueil du Pseudo-Isidore figurent cinq lettres attribuées à Saint Clément. La première est une lettre de Clément à Jacques, traduite par Rufinus (cf III); la seconde est une autre lettre à Jacques, que l'on trouve dans de nombreux manuscrits des "Reconnaissances". Les trois autres sont l'oeuvre du pseudo-Isidore.

4. On atribue à Clément les "Constitutions Apostoliques", les "Canons Apostoliques", et le "Testament de Notre Seigneur" ainsi qu'une anaphore Jacobite (Renaudot, Liturg. Oriental. Coll., Paris, 1716, II; Migne, P. a., II). Pour les autres attributions, voir Harnack, "Gesch. der altchr. Lit." I, 777-80. "Les Clémentins ou Pseudo-Clémentins." (q.v.)

III L'EPITRE AUX CORINTHIENS

L'Eglise de Corinthe avait été précipitée par quelques esprits violents dans une sédition contre ses chefs. Nul appel ne semble avoir été lancé à Rome, mais une lettre fut envoyée au nom de l'Eglise de Rome par Saint Clément pour restaurer la paix et l'unité. Il commence en expliquant que son retard à écrire a été causé par de soudaines calamités qui, l'une après l'autre, s'étaient abattues sur l'Eglise de Rome. C'est une référence claire à la persécution de Domitien. L'ancienne et haute réputation de l'Eglise de Corinthe est rappelée, sa piété et son hospitalité, son obéissance et sa discipline. La jalousie avait causé les divisions; c'est la jalousie qui entraîna Caïn, Esaü, etc.. au péché, c'est de la jalousie dont Pierre et Paul ainsi qu'une multitude d'autres avec eux furent victimes. Les Corinthiens sont appelés à se repentir en suivant l'exemple des Patriarches et à se montrer humbles comme le Christ lui-même. Qu'ils observent l'ordre, comme le fait toute la création. Un curieux passage sur la résurrection produit comme une interruption dans le discours: Toute la création prouve la résurrection, ainsi fait le phénix, qui tous les cent ans se consume, afin que sa progéniture puisse surgir de ses cendres (23-6). Chassons le mal, continue Clément, et tournons-nous vers Dieu avec pureté, fermement attachés à sa bénédiciton, si richement obtenue avec les Patriarches, car le Seigneur viendra bientôt avec sa récompense, regardons vers Jésus Christ, notre Grand Prêtre, au-dessus des anges à la droite du Père (36). La discipline et la subordination sont aussi nécessaires à une armée qu'au corps humain, tandis que l'arrogance est absurde car l'homme n'est rien. Les apôtres avaient prévu les querelles, et nommèrent pour les prévenir une succession d'évêques et de diacres; ainsi, ils ne peuvent être révoqués à loisir. Les justes ont de tout temps été persécutés. Lisez la première épître de Saint Paul entre vous, voyez comme il condamne l'esprit de parti. Il serait choquant qu'une petite faction n'attire la disgrâce sur toute l'Eglise de Corinthe. Demandons le pardon: rien n'est plus beau que la charité; elle fut montrée par le Christ quand il donna sa chair pour notre chair, son âme pour nos âmes; en vivant dans cet amour, nous serons du nombre de ceux qui sont sauvés par Jésus-Christ, par qui nous rendons gloire à Dieu pour les siècles des siècles, Amen (58). Mais si quiconque désobéit, il est en grand danger; mais nous prierons pour que le Créateur puisse préserver le nombre de ses élus dans le monde entier -- Ici suit une belle prière eucharistique (59-61). La conclusion suit: "Nous en avons assez dit sur la nécessité de la repentance, de l'unité, de la paix, car nous avons parlé aux croyants, qui ont profondément étudié les Ecritures, et comprendront les exemples indiqués et les suivront. Nous serons heureux en vérité si vous obéissez. Nous avons envoyé deux vénérables messagers, pour vous montrer combien nous sommes soucieux que la paix soit entre vous."(62-4). "Enfin, puisse le Dieu Tout-puissant, Maître des esprits et Seigneur de toute chair, qui choisit le Seigneur Jésus-Christ et nous à travers Lui comme peuple particulier, donner à toute âme appelée par Son Nom saint et excellent la foi, la crainte, la paix, la patience et la longanimité, la tempérance, la chasteté et la sobriété, afin qu'elles soient agréables à Son Nom par notre Haut Prêtre et Gardien Jésus-Christ, par qui et à qui sont la gloire et la majesté, la puissance et l'honneur, maintenant et à jamais, Amen. Maintenant, renvoyez-nous vite nos messagers Claudius Ephebus et Valerius Bito, et aussi Fortunatus, dans la paix et la joie, afin qu'ils puissent aussi vite que possible témoigner de la paix et de la concorde que nous désirons sérieusement et pour laquelle nous prions, que nous puissions au plus vite nous réjouir du bon ordre de votre communauté. La grâce de Notre seigneur Jésus Christ soit avec vous et avec tous les hommes de tous lieux qui ont été appelés par Dieu et à travers Lui, à qui sont la gloire et l'honneur, la puissance et la grandeur et la souveraineté éternelle, à Lui, dans les temps passés et pour les siècles des siècles. Amen (64-5)"

Le style de l'épître est sérieux et simple, retenu et digne, et parfois éloquent. Le Grec est correct quoique non classique. Les citations de l'Ancien Testament sont longues et nombreuses. La version de la Septante utilisée par Clément se rapproche par endroits de celle qui apparaît dans le Nouveau Testament, cependant elle ne présente pas de preuves d'indépendance suffisantes; ses tendances sont souvent celles de A, mais moins souvent opposées à B que celles du Nouveau Testament, par endroit il se trouve contre la Septante de Theodote ou même qu'Aquila. Le Nouveau Testament n'est jamais cité littéralement. Les paroles du Christ sont données çà et là, mais pas dans les termes des Evangiles. C'est pourquoi il ne peut être prouvé qu'il utilisa aucun des Evangiles Synoptiques. Il mentionne la Première Epître de saint Paul aux Corinthiens et semble impliquer la seconde. Il connait les épîtres aux Romains et à Tite, et cite apparemment plusieurs autres épîtres de Saint Paul. Mais il emploie plus souvent l'hébreu que tous les livres du Nouveau Testament. Jacques, probablement, et I-Pierre, peut-être sont sous-entendus. (Voir les listes de citations dans Funk et Lightfoot, Westcoot et Zahn sur le Canon, Introduction aux Saintes Ecritures., Oxford, 1906). Le ton de l'autorité sur laquelle parle cette lettre est digne d'attention, particulièrement dans la dernière partie (56,56 etc). "Mais si certaines personnes devaient désobéir aux mots prononcés par Lui à travers nous, qu'ils comprennent qu'ils s'enferment dans un danger et une transgression non bénins; mais nous ne serons pas coupables de ce péché"(59). "Il peut sembler étrange, peut-être", écrit l'évêque Lightfoot, "de décrire cette noble remontrance comme le premier pas vers la domination papale. Et cependant c'est le cas sans aucun doute".(I,70)

 

Doctrine

Il y a peu d'intention d'enseignement dogmatique dans cette épître, car elle est presque entièrement pressante. Un passage sur la Sainte Trinité est important. Clément utilise l'affirmation de l'Ancien Testament "Le Seigneur est vivant", lui substituant ainsi la Trinité: "Comme Dieu est vivant, le Seigneur Jésus Christ est vivant ainsi que le Saint Esprit - la foi et l'espoir des élus, il les accomplit aussi sûrement", etc (58). Le Christ est fréquemment représenté comme le Grand Prêtre, et la rédemption est souvent prise en référence. Clément parle fortement de la justification par les oeuvres. Ses mots sur le ministère chrétien ont donné lieu à maintes discussions (42 et 44): "Les Apôtres reçurent pour nous l'Evangile du Seigneur Jésus-Christ, Jésus-Christ fut envoyé par Dieu. Donc le Christ vient de Dieu et les Apôtres du Christ. C'est pourquoi les deux vinrent en bon ordre de par la volonté de Dieu.... Ainsi prêché partout dans le pays et dans les villes, ils produisirent leurs premiers fruits, les ayant éprouvés par l'Esprit, pour être évêques et diacres pour ceux qui seraient amenés à croire. Et cela sans façon nouvelle, car en vérité il avait été écrit dès les temps très anciens sur les évêques et les diacres, car ainsi parle l'Ecriture: 'J'établirai leurs évêques dans la justice et leurs diacres dans la foi'". (une étrange citation d'Isaïe, IX,17)..."Et nos Apôtres surent à travers Notre Seigneur Jésus Christ qu'il y aurait des dissenssions sur le nom et la charge d'évêque. C'est la raison pour laquelle, ayant reçu la prescience complète, ils nommèrent les personnes précitées, après quoi ils établirent une loi, afin que, si ceux-là devaient s'endormir, d'autres hommes éprouvés pourraient leur succéder dans le ministère". Rothe, Michiels (Origines de l'épiscopat, Louvain, 1900, 197), et d'autres entendent curieusement "si eux, les Apôtres, devaient s'endormir". Car epinomen dedokasin, que le Latin rend sous la forme legem dederunt, Lightfoot l'entend comme epimonen dedokasin: "ils ont pourvu à la succession". Dans tous les cas le sens général est clair, à savoir que les Apôtres ont prévu la succession légale de leur ministère. Les Presbytres sont mentionnés plusieurs fois, mais ne sont pas distingués des évêques. Il n'y a absolument aucune mention d'un évêque à Corinthe, et les autorités ecclésiastiques de cette cité sont toujours mentionnées au pluriel. R.Sohm pense qu'il n'y avait pas encore d'évêque à Corinthe quand Clément écrivit (c'est aussi ce que pensent Michiels et beaucoup d'autres auteurs catholiques; Lightfoot laisse la question ouverte), mais qu'un évêque peut avoir été nommé en conséquence de la lettre; il pense que Rome était à l'origine de toutes les institutions ecclésiastiques et les lois (Kirchenrecht 189). Harnack en 1897 (Chronol.,I) souleva le paradoxe que l'Eglise de Rome était assez concervatrice pour être gouvernée par des presbytres jusqu'à Anicet; et que quand la liste des papes fut composée, vers 170, il y avait un évêque depuis moins de vingt ans; Clément et d'autres sur la liste n'auraient été que des presbytres particulièrement influents. Le caractère liturgique de certaines parties de l'épître est analysé en détails par Lightfoot. La prière (59-61) déjà mentionnée, qui nous rappelle les anaphores des premières liturgies, ne peut être considérée, selon Duchesne, "comme la reproduction d'une formulation sacrée mais constitute un excellent exemple du style de prière solennelle dans lequel les dirigeants de l'Eglise de cette époque avaient coutume de s'exprimer lors des assemblées du culte" (Origines du culte chrétien, 3e éd., 50; tr., 50). Le beau passage sur la création, 32-33, est presque dans le style d'une préface, et conclut en introduisant le Sanctus par la mention usuelle des puissances angéliques: "Observons le choeur des anges, comme ils l'assistent et officient sous Sa Puissance. Car l'Ecriture dit: Des myriades de myriades se tenaient devant Lui , et des milliers de milliers agissaient sous ses ordres, criant à pleine voix: Saint, Saint, Saint est le Seigneur Sabaot; toute la création est remplie de sa gloire. Oui, et que nous-mêmes, rassemblés tous ensemble par le coeur dans une même intention, criions vers lui". La combinaison de Daniel, VII,10, avec Is,VI,3 peut être tirée d'une formule liturgique. Il est intéressant de noter que l'Apocalypse de Saint Jean (IV,8) , contemporaine, montre les quatre vivants, représentant toute la création, chantant le sanctus lors de la messe céleste.

Les références historiques de la lettre sont très intéressantes: "Pour prendre l'exemple des jours anciens, suivons ces champions qui vécurent très près de notre temps. Ayons en mémoire les nobles exemples qui appartiennent à notre génération. A cause de la jalousie et de l'envie, les plus grands et plus justes piliers de l'Eglise furent persécutés, et restèrent fidèles même devant la mort. Ayons devant les yeux les bons Apôtres. Il y eut Pierre, qui par cause d'une injuste jalousie eut à endurer non pas un, ou deux, mais de nombreux supplices, et ayant ainsi apporté son témoignage, alla prendre le siège de gloire auquel il était destiné. A cause de jalousies et de dissensions, Paul, par son exemple, montra le prix d'une patiente endurance. Après qu'il fut sept fois dans les chaînes, qu'il eut été conduit en exil, se fit lapider, eut prêché en Orient comme en Occident, et après qu'il eut apporté son témoignage devant les gouvernants, alors il quitta le monde et se rendit au lieu saint, considéré comme un modèle de patiente endurance" (5); Il est évident que ces deux apôtres sont mentionnés parce qu'ils souffrirent à Rome. Il semble que Paul se rendit en Espagne comme il en manifesta l'intention (Rom.,XV,28) et, comme il est déclaré dans les actes apocryphes de Pierre et par le fragment Muratorien: "Par ces hommes de vie sainte fut rassemblée une vaste multitude d'élus qui, à travers nombre d'humiliations et de tortures, victimes de la jalousie, constituent pour nous un exemple de courage. A cause de la jalousie, des femmes, persécutées après avoir subi des insultes cruelles et impures, comme les Danaïdes et Dircae, atteignirent tranquillement leur but dans la course de la foi, et reçurent une noble récompense, si faibles qu'elles furent dans leur corps"(6). La "vaste multitude" d'hommes et de femmes "du milieu de nous" à Rome se réfère à l'horrible persécution de Néron, décrite par Tacite, (Annales,XV,xliv). C'est le passé récent, et l'auteur continue: "Nous sommes sur les mêmes listes, et la même tribulation nous attend"(7) - Il est sous une autre persécution, celle de Domitien, souvent évoquée comme une série de "calamités et revers soudains et répétés", qui ont empêché la lettre d'être écrite plus tôt. Le martyre du consul Clément (probablement le protecteur de la propre famille du pape) et l'exil de sa femme sont au rang de ces désastres.

 

Datation et authenticité

La date de la lettre est déterminée par ses notes sur les persécutions. Il est étrange que même quelques bons érudits (comme Grotius Grabe, Orsi, Uhlhorn, Hefele, Wieseler) l'aient datée peu après Néron. Il est maintenant universellement reconnu, depuis Lightfoot, qu'elle fut écrite aux environs de la dernière année de Domitien (Harnack) ou immédiatement après sa mort en 96 (Funk). L'Eglise Romaine existait depuis plusieurs décennies, car les deux envoyés à Corinthe y vivaient depuis leur jeunesse. L'Eglise de Corinthe est appelée archai (47). Des évêques et des diacres ont succédé aux évêques et aux diacres nommés par les Apôtres (44). Cependant le temps des Apôtres est "très récent" et "en notre propre vénération" (5). La preuve externe est concordante. Les dates données pour l'épiscopat de Clément par Hégésippe sont apparemment 90-99, et cet écrivain ancien indique que le schisme de Corinthe prit place sous Domitien (Eusebius, Hist. Eccl., III, xv), car « kata ton deloumenon » est dénué de signification s'il est pris en référence à Clément et non à Domitien, en outre, tout le récit d'Eusèbe sur la persécution de cet empereur (III, xvii-xx) est fondé sur Hégésippe. Saint Irénée dit que Clément, ainsi que bien d'autres, se souvenait encore des Apôtres, ce qui implique une période de nombreuses années après leur mort. Volkmar plaça la date sous le règne d'Hadrien, parce que le Livre de Judith est cité, qu'il déclara avoir été écrit durant ce règne. Il fut suivi par Baur, mais pas par Hilgenfeld. Une telle date est manifestement impossible, ne serait-ce que parce que l'épître de Polycarpe est entièrement modelée sur celle de Clément et lui fait des emprunts délibérés. Elle est peut-être employée par Saint Ignace, en 107, et certainement dans la lettre des Smyrnéens sur le martyre de St Polycarpe, en 156.

L'épître est au nom de l'Eglise de Rome mais les anciennes autorités l'attribuent toujours à Clément. Dionysius, Evêque de Corinthe, écrivit aux Romains en 170, à l'époque du pape Soter: "Aujourd'hui nous avons observé le jour saint, le jour du Seigneur, et ce jour nous avons lu votre lettre - et nous la garderons toujours pour notre édification, de même que la précédente, écrite par Clément" (Eusebius, Hist. Eccl., IV, xxx). Hégésippe attribua la lettre à Clément. Irénée, vers 180-185, utilisant peut-être Hégésippe, dit: "Sous ce Clément une importante sédition eut lieu parmi les frères de Corinthe et l'Eglise de Rome envoya une remarquable lettre aux Corinthiens, les établissant dans la paix en renouvelant leur foi, et annonçant la tradition qu'elle avait reçue des apôtres dans un passé récent." (III,iii). Clément d'Alexandrie, vers 200, cite fréquemment l'épître comme étant de Clément, et ainsi font Origène et Eusèbe. Lightfoot et Harnack se plaisent à montrer que nous entendons parler plus tôt encore de l'importance de l'Eglise de Rome que de l'importance de l'évêque Romain. Si Clément avait parlé en son propre nom, ils auraient certainement fait remarquer qu'il avait parlé non comme évêque de Rome, mais comme un ancien "presbytre" qui avait connu les Apôtres. Saint Jean, de fait, vivait toujours, et Corinthe était plutôt plus près d'Ephèse que de Rome. Clément, à l'évidence, écrit officiellement, avec toute l'autorité de l'Eglise Romaine sur laquelle Ignace et Irénée ont tant à dire.

 

La seconde lettre aux Corinthiens

Une ancienne homélie d'auteur anonyme est parvenue jusqu'à nous par les deux même manuscrits grecs que l'épître de Clément, et elle est appelée Seconde Epître de Clément aux Corinthiens. Elle est mentionnée pour la première fois par Eusèbe (Hist. Eccl., III, xxxvii), qui la considère apocryphe, parce qu'inconnue des anciens; il est suivi (peut-être pas indépendamment) par Rufinus et Jérôme. Son inclusion comme lettre de Clément dans le Codex Alexandrinus de toute la Bible au cinquième siècle est le plus ancien témoignage de croyance à son authenticité; au sixième siècle, elle est citée par les chefs Monophysites Timothée d'Alexandrie et Sévère d'Antioche, et elle fut connue plus tard de beaucoup d'autres auteurs grecs. Ce témoignage est en fort contraste avec la grande vénération portée à la lettre authentique. La théorie d'Hilgenfeld est que la lettre du pape Soter aux Corinthiens, mentionnée par Dionysius dans le fragment cité plus haut, fut acceptée par de nombreux critiques, jusqu'à ce que la découverte de la fin de l'ouvrage par Bryennios montrât que ce n'était pas du tout une lettre, mais une homélie. Pourtant Harnack a sans relâche défendu cette opinion. Une apparente référence aux Jeux Isthmiens dans ~7 suggère que l'homélie fut prononcée à Corinthe; mais cela pourrait aussi être pris en référence pour une lettre adressée aux Corinthiens. Lightfoot et d'autres pensent qu'elle date d'avant Marcion, vers 140, mais sa référence aux thèses gnostiques ne permet pas de la situer beaucoup plus avant. La matière du sermon est une exhortation très générale, et il n'y a pas de plan ou de suite définie. Quelques citations d'écritures inconnues sont intéressantes. L' editio princeps des deux "Epîtres aux Corinthiens" est celle de Patrick Young, 1633, dans le fameux Codex Alexandrinus (A) de la Bible intégrale en Grec. Nombre d'éditions ont suivi aux dix-septième et dix-huitième siècles (énumérées par Funk, Gebhardt et Lightfoot). Au dix-neuvième nous pouvons noter celles de C.J.Hefele (Tübingen, 1ere éd.,1839), Jacobson (Oxford, 1840), Dressel (Leipzig, 1857), dans les éditions des Pères Apostoliques par ces auteurs. Une édition par l'évêque J.B. Lightfoot a paru en 1869 (Londres et Cambridge), une autre par J.C.M Laurent en 1870 (Leipzig) et une par O.von Gebhardt et A.Harnack en 1875 (Leipzig). Toutes ces éditions sont basées sur le manuscrit qui donne les deux lettres de façon incomplète, et pas toujours lisible. Sur ces lectures douteuses, Tischendorf a écrit en 1873 (Clementis Rom.Epistulae, Leipzig), et il en produisit un soi-disant fac-simile en 1867 (Appendix codicum celeberrimorum Sinaitici et Vaticani, Leipzig). Une reproduction photographique de tout le Codex fut publiée au British Museum en 1879. En 1875 le texte complet des deux épîtres fut publié par Bryennios à Constantinople, d'après un manuscrit de la bibliothèque du Patriarcat de cette ville. Il fut utilisé dans le " Clementis Romani Epistulae" (2d ed., Leipzig, 1876) d'Hilgenfeld, dans la seconde édition de Gebhardt et Harnack (1876). Dans l'édition de 1877 de Lightfoot (Londres) une version syriaque fut aussi utilisée pour la première fois. Le manuscrit fut écrit en 1170, et se trouve à la bibliothèque universitaire de Cambridge. Il a été publié in extenso par R.L Bensley et R.H.Kennett sous le titre "The Epistles of St. Clement to the Corinthians in Syriac" (Londres,1899). La première édition de "Opera Patrum Apostolicorum" du Dr Funk parut en 1878-81 (Tübingen). La grande et exhaustive édition posthume du "Clement of Rome" de Lightfoot (qui contient un fac-simile photographique du manuscrit de Constantinople) fut publiée en 1890 (2 vol.,Londres). Le texte grec et la traduction anglaise sont repris dans un autre ouvrage de Lightfoot, "The Apostolic Fathers" (1 vol., Londres, 1891). En 1878 Dom Germain Morin découvrit une traduction latine de l'épître authentique dans un manuscrit du onzième siècle de la bibliothèque du séminaire de Namur (Anecdota Maredsolana, 2 vols., "S. Clementis ad Corinthios Epistulae versio antiquissima", Maredsous, 1894). Cette version est attribuée au deuxième siècle par Harnack et quelques autres. Elle a été utilisée pour corriger le texte de la dernière édition de Funk (1901), et aussi par R.Knopf, " Der erste Clemensbrief " (in "Texte und Unters.", Nouvelle Série, Leipzig, 1899). Outre l'excellente traduction anglaise de Lightfoot, il existe une traduction des deux épîtres dans "Ante-Nicene Chr. Lit." (Edinburgh, 1873, I).


 

JOHN CHAPMAN.
Tiré de "Catholic Encyclopedia", copyright © 1913 by the Encyclopedia Press, Inc. Traduction française : Bertrand Blochet, Février 2000.