St Denys (259 - 268)

Tirée du Catholic Encyclopedia, Londres, 1913
St Denys

Sa date de naissance nous est inconnue; décédé le 26 ou le 27 décembre 268. Durant le pontificat du pape Etienne (254-257), Denys apparaît comme presbytre de l'Eglise Romaine et, en tant que tel, il prit part à la controverse concernant la validité du baptême hérétique. Cela amena l'évêque Denys d'Alexandrie à lui écrire une lettre sur le baptême dans laquelle il est décrit comme un homme excellent et érudit (Eusebius, Hist eccl. VII, vii). Plus tard, au temps du pape Sixte II (257-258), le même évêque d'Alexandrie adressa à Denys une lettre concernant Lucianus (ibid.,VII,ix), personnage inconnu de nos jours. Après le martyre de Sixte II (6 août 258) le Siège de Rome demeura vacant pendant près d'un an, car la violence de la persécution rendait impossible l'élection d'un nouveau chef. Ce n'est que lorsque la persécution commença à faiblir que Denys fut élevé (22 juillet 259) à la dignité d'évêque de Rome. Quelques mois plus tard, l'empereur Gallien publia un édit de tolérance, qui mettait fin à la persécution et donnait à l'Eglise une existence légale (Eusebius, Hist. eccl., VII, xiii). Ainsi, l'Eglise de Rome entrait à nouveau en possession de ses lieux de cultes, de ses cimetières et autres propriétés, et Denys fut à même de restaurer l'ordre dans son administration. Vers 260, l'evêque Denys d'Alexandrie écrivit sa lettre à Ammonius et Euphranor contre le sabellianisme, dans laquelle il s'exprimait avec inexactitude au sujet du Logos et de sa relation à Dieu le Père. Sur ce, une accusation contre lui fut soumise au pape Denys qui convoqua à Rome un synode vers 260 pour régler cette question. Le pape publia, en son nom propre et en celui du concile, une importante lettre doctrinale qui renouvela tout d'abord la condamanation de la fausse doctrine de Sabellius, et rejeta ensuite les fausses opinions de ceux qui, comme les Marcionites, d'une façon similaire, séparaient la monarchie Divine en trois hypostases entièrement distinctes ou qui représentaient le Fils comme un être créé, alors que les Saintes Ecritures déclarent qu'Il est l'auteur de passages de la Bible, comme par exemple Deut., xxxii, 6, Prov., viii, 22, qui ne peut être cité à l'appui de doctrines fausses comme celles-ci. Avec cette lettre doctrinale, le pape Denys envoya une lettre séparée à l'évêque d'Alexandrie dans laquelle ce dernier était appelé à exposer ses vues. Ce Denys d'Alexandrie le fit dans son Apologia (Athanasius, De sententia Dionysii, V, xiii, De decretis Nicaenae synodi, xxvi). Selon l'ancienne pratique de l'Eglise romaine, Denys étendit aussi ses bienfaits aux croyants des terres lointaines. Quand les chrétiens de Cappadoce furent en grande détresse en raison des razzias perpétrées par les goths, le pape adressa une lettre de consolation à l'église de Césarée et envoya des messagers avec une forte somme d'argent pour le rachat des chrétiens réduits en esclavage (Basilius, Epist. lxx, ed. Garnier). Le grand synode d'Antioche qui déposa Paul de Samos envoya une lettre circulaire au pape Denys et à l'évêque Maxime d'Alexandrie concernant ses agissements (Eusebius, Hist. eccl., VII, xxx). Après sa mort, le corps de Denys fut enterré dans la crypte papale de la catacombe de Calixte.


J.P. KIRSCH
Tiré de "Catholic Encyclopedia", copyright © 1913 by the Encyclopedia Press, Inc. Traduction française : Bertrand Blochet, Février 2000.