Etienne III (752 - 757)

Tirée du Catholic Encyclopedia, Londres, 1913
Etienne III

Elu à l'unanimité à Sainte-Marie-Majeure et consacré le 26 mars (ou 3 avril) 752; décédé le 26 avril 757. Il eut aussitôt à faire face aux Lombards qui avaient résolu de mettre toute l'Italie sous leur joug. Avec la prise de Ravenne (751), ils avaient mis fin au pouvoir des exarques byzantins et se préparaient à envahir le Duché de Rome. C'est en vain qu'Etienne fit appel à Constantinople et dépensa son argent en pure perte pour essayer de leur faire respecter la paix qu'ils avaient conclue avec lui, et de s'abstenir de toute hostilité. En conséquence, il se consacra à la prière et tenta d'obtenir l'assistance de Pépin et des Francs. En dernier recours, il se rendit lui-même en Gaule pour plaider sa cause devant le roi des Francs. Reçu très favorablement, il couronna Pépin comme roi des Francs, et à Kiersey, celui-ci lui assura solennellement qu'il le défendrait et qu'il restaurerait l'exarchat à Saint-Pierre. Ne pouvant impressionner Aistulf, le roi Lombard par des envois répétés d'ambassades, Pépin força le passage des Alpes, et l'obligea à jurer de restituer Ravenne et les autres cités qu'il avait prises (754). Mais à peine Pépin eut-il quitté la Lombardie, qu'Aistulf souleva toute la nation Lombarde et se présenta en armes sous les murs de Rome (janvier 756), ravagea toute la contrée, et lança une tentative désespérée pour prendre la ville. Ayant reçu du pape un nouvel appel au secours, Pépin franchit les Alpes une seconde fois (756), et força de nouveau Aistulf à se soumettre. Cette fois, Etienne fut mis en possession des villes de l'exarchat et de la Pentapole, et devint pratiquement le premier pape-roi. Vers la fin de cette même année Aistulf mourut au milieu des préparations d'une nouvelle violation de ses engagements. A sa mort, deux rivaux prétendaient au trône de Lombardie: Desiderius, Duc d'Istrie, et Ratchis, frère d'Aistulf qui, en 749, avait renoncé à la couronne de Lombardie pour prendre l'habit monastique au Mont Cassin. Desiderius invoqua aussitôt l'assistance du pape, et, contre son aide, lui promit de restituer à Rome certaines villes dans l'exarchat et la Pentapole, qui étaient restées aux mains des Lombards, et de faire don au pape d'une forte somme d'argent. Etienne envoya aussitôt des émissaires aux deux rivaux, et, rappelant à Ratchis son devoir de fidélité à ses voeux monastiques, parvint à maintenir la paix, et à empêcher la guerre civile. Ratchis retourna dans son monastère et Desiderius fut reconnu comme roi (vers mars 757). Ce dernier, cependant, ne remplit pas intégralement sa promesse envers le pape. Il rendit Faenza, Ferrare, et deux petites villes, mais conserva Bologne, Imola et d'autres villes de la Pentapole jusqu'à son renversement par Charlemagne. Etienne avait à peine établi un système de gouvernement dans l'exarchat qu'il eut à gérer la rébellion de Serge, archevêque de Ravenne, qu'il avait fait gouverneur de cette ville. Toutefois, il parvint à faire venir à Rome le rebelle, et l'y garda tant qu'il vécut. Etienne correspondit avec l'empereur Constantin au sujet de la restauration des images sacrées, et restaura lui-même beaucoup des anciennes églises de la ville. Remarquable pour son amour des pauvres, Etienne construisit pour eux des hopitaux près de la basilique St-Pierre, dans laquelle il fut enterré.


Ed. DUCHESNE, Liber Pontificalis, I (Paris, 1886), 440 sq.; ed. JAFFE, Codex Carolinus (Berlin, 1867); Mon. Ger. Hist.; Epp., III (Berlin, 1892); ; Script., I; Script. rerum Langob. La plupart de ces sources se trouvent dans HALLER, Die Quellen zur Gesch. der Entstehung der Kirchenstaates (Leipzig, 1907); HODGKIN, Italy and her Invaders , VII (Oxford, 1899); DUCHESNE, The Beginning of the Temporal Sovereignty of the Popes (Londres, 1908), iii, iv; MANN, Lives of the Popes in the Early Middle Ages, I, pt. ii (Londres, 1902), 289 s sqq.

HORACE K. MANN.
Tiré de "Catholic Encyclopedia", copyright © 1913 by the Encyclopedia Press, Inc. Traduction française : Bertrand Blochet, Septembre 2002.