St Félix Ier (269 - 274)

Tirée du Catholic Encyclopedia, Londres, 1913
St Félix Ier
Sa date de naissance nous est inconnue; décédé en 274. Tôt en 269 il succéda à Saint Denys à la tête de l'Eglise romaine. C'est vers cette époque qu'arriva à Rome, adressé au pape Denys, le rapport du synode d'Antioche qui, la même année, déposa l'évêque local, Paul de Samos, en raison de ses prédications hérétiques concernant la doctrine de la Trinité. Une lettre probablement envoyée par Félix à l'église d'Orient en réponse au rapport synodal, contenant un exposé de la doctrine de la Trinité, fut interprétée à une date ultérieure dans l'intérêt de sa secte par un disciple d'Apollinaris. Ce document douteux fut soumis au concile d'Ephèse en 431 (Mansi, "Coll. conc.", IV, 1188; cf. Harnack, "Geschichte der altchristlichen Literatur", I, 659 sqq.; Bardenhewer, "Geschichte der altchristlichen Literatur", II, 582 sq.). Le fragment préservé dans les Actes du concile contient une emphase particulière sur l'unité et l'identité du Fils de Dieu et du Fils de l'Homme dans le Christ. Le même fragment donne le pape Félix comme martyr, mais ce détail, qui apparaît encore dans la biographie du pape dans le Liber Pontificalis (Ed. Duchesne, I, 58), n'est appuyé par aucune preuve antérieure authentique et se trouve dû manifestement à une confusion de noms. Selon la note du Liber Pontificalis, Félix érigea une basilique sur la Via Aurelia, la même source ajoutant aussi qu'il y fut enterré ("Hic fecit basilicam in Via Aurelia, ubi et sepultus est"). Ce dernier détail est erroné, à l'évidence, car le calendrier des fêtes romaines du quatrième siècle dit que le pape Félix fut enterré dans la catacombe de Saint Calixte sur la Via Appia ("III Kal. Januarii, Felicis in Callisti", peut-on lire dans le Depositio episcoporum). L'affirmation du Liber Pontificalis concernant le martyre du pape résulte certainement d'une confusion avec un martyr romain du même nom, et sur la tombe duquel fut érigée une église. Dans la "Feriale" de Rome, ou calendrier des fêtes, déjà mentionné, le nom de Félix apparaît dans la liste des évêques de Rome (Depositio episcoporum), et non dans celle des martyrs. La notice du Liber Pontificalis attribue à ce pape un décret préconisant la célébration de messes sur les tombes des martyrs. ("Hic constituit supra memorias martyrum missas celebrare"). L'auteur de cet article faisait évidemment allusion à la coutume de célébrer le Saint Sacrifice en privé, sur les autels placés auprès ou au-dessus des tombes des martyrs dans les cryptes des catacombes (missa ad corpus) tandis que la célébration solennelle des Mystères Sacrés prenait toujours place dans la basilique contruite au-dessus des catacombes. Cette pratique, toujours en vigueur à la fin du quatrième siècle (Prudentius, Peristephanon, XI, vv. 171 sqq.), semble dater de la période où les grandes basiliques cimetériales furent construites à Rome et doit son origine aux commémorations solennelles du service des martyrs, tenues sur leurs tombes à l'anniversaire de leurs funérailles dès le troisième siècle. Félix ne publia probablement pas ce décret, mais le rédacteur du Liber Pontificalis le lui attribua parce qu'il s'accordait avec la coutume de cette époque. Selon le détail mentionné ci-dessus, tiré du Depositio episcoporum, Félix fut enterré dans la catacombe de Saint Calixte, le 30 décembre. Dans le martyrologe romain actuel, son nom apparaît au 30 mai, date donnée dans le Liber Pontificalis comme étant celle de sa mort (III Kal. Jun.); c'est probablement une erreur qui pouvait aisément survenir par la main d'un scribe écrivant "Jun" au lieu de "Jan".

Liber Pontificalis, ed. Duchesne, I, introd. cxxv; texte, 158, avec les notes; De Rossi, Roma sotterranea, II, 98-104; Acta SS., May, VII, 236-37; Langen, Geschichte der römischen Kirche (Bonn, 1881), I, 365-69; Allard, Histoire des persécutions, III, 243 sqq.

J.P. KIRSCH
Tiré de "Catholic Encyclopedia", copyright © 1913 by the Encyclopedia Press, Inc. Traduction française : Bertrand Blochet, Février 2000.