St Félix IV (526 - 530)

Tirée du Catholic Encyclopedia, Londres, 1913
St Félix IV

Le 18 mai 526, le pape Jean Ier mourut en prison à Ravenne, victime des soupçons ombrageux de Théodoric, le roi arien des Goths. Lorsque, sous la puissante influence de ce roi, le cardinal-prêtre Félix de Samnium, fils de Castorius, fut suggéré dans Rome comme successeur de Jean, le clergé et les laïcs cédèrent au voeu du roi gothique et élurent Félix comme pape. Il fut consacré évêque de Rome le 12 juillet 526 et prit avantage de la faveur dont il jouissait à la cour de Théodoric pour pousser les intérêts de l'Eglise romaine, s'acquittant des devoirs de sa charge de façon très habile. Le 30 août 526, Théodoric mourut et, son petit-fils Athalaric étant mineur, le gouvernement fut dirigé par la mère d'Athalaric, Amalasuntha, fille de Théodoric, et favorablement disposée envers les catholiques. Au nouveau dirigeant, le clergé Romain adressa une plainte contre l'usurpation de ses privilèges par le pouvoir civil. Un édit royal, rédigé par Cassiodorus dans des termes de profond respect pour l'autorité papale, confirma l'ancienne coutume que toute charge civile ou criminelle portée par un laïc contre un clerc devait être soumise au pape, ou à une cour ecclésiastique nommée par lui. Une amende de dix livres d'or serait imposée en punition pour la violation de cet ordre, et l'argent ainsi obtenu devrait être distribué aux pauvres par le pape (Cassiodorus, Variae, VIII, n. 24, ed. Mommsen, Mon. Germ. Hist.: Auctores antiquiss., XII, 255).

Le pape reçut en don d'Amalasuntha deux anciens édifices dans le Forum romain, le Temple de Romulus, fils de l'Empereur Maxentius, et le Templum sacroe urbis, adjacent, bureau d'enregistrement de la terre romaine. Le pape convertit les bâtiments en une église, dédiée aux saints Côme et Damien, qui existe toujours et dans l'abside de laquelle est conservée la grande et magnifique mosaïque exécutée sur les ordres de Félix, la figure du pape, cependant, étant issue d'une restauration ultérieure. Félix prit aussi part à la controverse semi-pélagienne en Gaule du Sud concernant la nature et l'efficience de la grâce. Il envoya aux évêques de ces contrées une série de "Capitula" au sujet de la grâce et du libre-arbitre, compilée à partir des Ecritures et des Pères de l'Eglise. Ces "Capitula" furent publiées comme canons par le Synode d'Orange (529). De plus, Félix approuva l'ouvrage de Caesarius d'Arles contre Faustus de Riez sur la grâce et le libre-arbitre (De gratia et libero arbitrio). Rendu anxieux par les dissensions politiques des Romains, dont beaucoup épousaient les intérêts byzantins tandis que d'autres soutenaient la Loi Gothique, Félix IV, quand il tomba sérieusement malade en l'an 530, souhaita assurer la paix de l'Eglise romaine en nommant son successeur. Ayant octroyé le pallium à l'archidiacre Boniface, il fit savoir publiquement qu'il l'avait choisi comme successeur, et qu'il avait informé la cour de Ravenne de son choix (Neues Archiv, XI, 1886, 367; Duchesne, Liber Pontificalis, I, 282, note 4). Félix IV mourut peu de temps après, mais dans l'élection papale qui suivit, ses voeux ne furent pas pris en considération. La fête de Félix est célébrée le 30 janvier. Le jour de sa mort est incertain, mais ce fut probablement vers la fin de septembre 530.


J.P. KIRSCH
Tiré de "Catholic Encyclopedia", copyright © 1913 by the Encyclopedia Press, Inc. Traduction française : Bertrand Blochet, Mars 2000.