Grégoire XIV (1590 - 1591)

Tirée du Catholic Encyclopedia, Londres, 1913
Grégoire XIV

(NICCOLO SPONDRATI).

Né à Soma près de de Milan, le 11 février 1535; décédé à Rome le 15 octobre 1591. Son père, Francesco, sénateur de Milan, avait, après la mort de son épouse, été fait Cardinal par le pape Paul III en 1544. Niccolo étudia aux universités de Pérouse et Padoue, fut ordonné prêtre puis nommé Evêque de Crémone en 1560. Il participa aux sessions du concile de Trente, en 1561-1563, et fut créé cardinal-prêtre de Sainte Cécile par Grégoire XIII le 12 décembre 1583. Urbain VII étant décédé le 27 Septembre 1590, Spondrati fut élu pour lui succéder le 5 décembre 1590, après un conclave prolongé de plus de deux mois, et prit le nom de Grégoire XIV. Le nouveau pape n'avait pas aspiré à la tiare. Le Cardinal Montalto, qui vint de sa cellule pour l'informer que le Sacré Collège s'était accordé sur son élection, le trouva agenouillé en prière devant un crucifix. Quand, le jour suivant, il fut élu, il éclata en sanglots et dit aux cardinaux: « Dieu vous pardonne! Qu'avez-vous fait? » Depuis sa jeunesse il avait été un homme de piété et de mortification. Avant d'embrasser l'état ecclésiastique, il fut un compagnon fidèle de Charles Borromée et, quand il fut cardinal, il fut un ami intime de Philippe Neri, dont il essaya d'imiter la sainteté.

Dès qu'il fut devenu pape, il offrit son soutien énergique en France à la Ligue, et prit d'actives mesures contre Henri de Navarre, que Sixte-Quint, en 1585, avait déclaré hérétique, et exclu de la succession du trône de France. Selon la Loi Salique, après la mort d'Henri III en 1589, Henri de Navarre devait lui succéder sur le trône de France, mais l'idée qui prévalait à cette époque était que nul Protestant ne pouvait devenir Roi de France, pays en majorité catholique. Les nobles, de plus, menacèrent de se soulever contre le pouvoir d'Henri à moins qu'il ne promît de devenir catholique. Voulant concilier la noblesse et le peuple à son règne, Henri déclara le 4 août 1589, qu'il se ferait Catholique et soutiendrait la religion catholique en France. Quand Grégoire XIV devint pape, Henri n'avait pas encore rempli sa promesse et donnait peu d'espoir de le faire dans un futur proche. Le pape, alors, décida d'assister la Ligue dans ses efforts pour déposer Henri par la force des armes et en cela il fut encouragé par Philippe II d'Espagne Dans sa lettre d'avertissement au Parlement de Paris, le 1er mars 1591, il renouvela la sentence d'excommunication contre Henri, et ordonna au clergé, à la noblesse, aux fonctionnaires de justice et au Tiers-Etat de le déposer, sous peine de sévères pénalités. Il envoya aussi une allocation mensuelle de 15.000 sendi à Paris, et détacha son neveu Ercole Spondrati en France à la tête des troupes papales. Au milieu de ces opérations contre Henri, Grégoire XIV mourut après un court pontificat de 10 mois et 10 jours.

Grégoire XIV créa cinq cardinaux, parmi lesquels son propre neveu Paolo Camillo Spondrati. Il tenta vainement de convaincre Philippe Neri d'accepter la pourpre. Le 21 septembre 1591 il éleva à la dignité d'un ordre religieux la Congrégation des Frères de la Bonne Mort (Clerici regulares ministrantes infirmis) fondée par Saint Camille de Lellis. Dans sa bulle Cogit nos, datée du 21 mars 1591, il interdit, sous peine d'excommunication, tout pari concernant l'élection d'un pape, la durée de son pontificat ou la création des cardinaux. Dans un décret daté d'avril 1591, il exigea que réparation soit faite aux Indiens des Philippines par leurs conquérants, dans la mesure du possible, et ordonna, sous peine d'excommunication, que tous les esclaves Indiens dans les îles soient affranchis. Grégoire XIV nomma aussi une commission pour réviser la Bible Sixtine et une autre commission pour continuer la révision du Bréviaire Pian. La précédente commission avait tenu sa première session le 7 février 1591, la dernière le 21 avril 1591. Concernant ces deux commissions, voir Baümer: Geschichte des Breviers (Fribourg en Breisgau, 1895), pp. 479-90.


RANKE, History of the Popes (Londres, 1906), II, 33-8; BROSCH, Geschichte des Kirchenstaates (Gotha, 1880), I, 300 sq.; PALATIUS, Gesta Pontificum Romanorum (Venise, 1688), IV, 425-36; CIACONIUS-OLDONIUS, Historioe Romanorum Pontificum (Rome, 1677), IV, 213 sq.

MICHAEL OTT
Tiré de "Catholic Encyclopedia", copyright © 1913 by the Encyclopedia Press, Inc. Traduction française : Bertrand Blochet, 1999.