St Grégoire III (731 - 741)

Tirée du Catholic Encyclopedia, Londres, 1913
St Grégoire III

Le pape saint Grégoire III était le fils d'un Syrien nommé Jean. Sa date de naissance est inconnue. Sa réputation d'érudition et de vertu était si grande que les Romains le désignèrent comme pape par acclamation, tandis qu'il accompagnait la procession funéraire de son prédécesseur, le 11 février 731. Comme il n'était toujours pas consacré, plus d'un mois après son élection, on suppose qu'il attendit la confirmation de celle-ci par l'exarque de Ravenne. En matière d'iconoclasme, il suivit la politique de son prédécesseur. Il envoya des légats et des lettres pour morigéner l'empereur tyrannique, Léon III, et tint deux synodes à Rome (731) à l'issue desquels l'hérésie du saccage des images fut condamnée. Comme moyen pratique de protestation contre l'action de l'empereur, il mit un point d'honneur à rendre hommage aux images et aux reliques, en accordant une attention particulière à celles de Saint-Pierre. Des fragments d'inscription, visibles dans les cryptes de la basilique du Vatican, portent témoignage jusqu'à ce jour d'un oratoire qui y fut construit, et des prières spéciales que Grégoire ordonna d'y réciter.

Léon, dont la seule réponse aux arguments et justifications de la vénération des images qui lui furent adressés à la fois par l'Orient et l'Occident était la force, s'empara des possessions pontificales en Calabre et en Sicile et partout en Italie où il pouvait exercer son pouvoir, et transféra au patriarche de Constantinople la juridiction ecclésiastique que les papes y avaient exercé jusqu'alors, et ce jusqu'à l'ancienne préfecture d'Illyrie. Grégoire III confirma la décision de ses prédécesseurs quant aux droits respectifs des patriarches d'Aquileia et de Grado, et conféra le pallium à Antonin de Grado. En l'octroyant aussi à Egbert d'York, il ne faisait que suivre les décisions de saint Grégoire le Grand qui avait statué que York devait exercer des droits métropolitains dans le Nord de l'Angleterre, comme Canterbury les exerçait dans le Sud. Tatwine et Nothelm de Canterbury se virent successivement octroyer le pallium par Grégoire III (731 et 736). A sa demande, Grégoire III accorda à saint Boniface le même soutien et les mêmes encouragements que ceux que lui avait prodigués Grégoire II. « Excessivement renforcé par l'aide du Siège Apostolique », le saint continua joyeusement son glorieux travail pour la conversion de l'Allemagne. Vers 737, Boniface vint à Rome pour la troisième fois afin de rendre compte de son action pastorale, et pour apprécier la « vivifiante conversation » du pape. Sur les ordres de Grégoire, le moine et grand voyageur, saint Willibad, vint assister son cousin Boniface dans son oeuvre.

La fin du règne de Grégoire fut troublée par les Lombards. Prenant conscience de l'ambition qui animait Liutprand, Grégoire acheva la restauration des murs de Rome qui avait été commencée par ses prédécesseurs, et racheta Gallèse, une forteresse sur la Voie Flaminienne, à Transamund, duc de Spolète, ce qui aidait à maintenir les communications entre Rome et Ravenne. En 739, Liutprand reprit les armes. Ses troupes ravagèrent l'exarchat, et lui-même marcha vers le sud pour soumettre ses vassaux, les ducs de Spolète et de Bénévent et le duché de Rome. Transamund vint se réfugier à Rome et Grégoire implora l'aide du grand chef Franc, Charles Martel. Finalement, des ambassadeurs du vice-roi des Francs se présentèrent à Rome (739). Leur arrivée, ou la chaleur de l'été, apporta une paix momentanée. Mais l'année suivante, Liutprand reprit sa marche. Cette fois, les Romains abandonnèrent leurs murs et aidèrent Transamund à reprendre Spolète. Quand, toutefois, il eut recouvré son duché, il ne voulut pas ou ne put pas se conformer à la demande de Grégoire, et tenta de reprendre au pape « les quatre cités du duché de Rome dont il avait été spolié ». Au milieu de toutes ces guerres et rumeurs de guerres, Grégoire mourut, et fut enterré dans l'oratoire de Notre-Dame qu'il avait lui-même construit dans la basilique Saint-Pierre. Il mourut en 741, mais nous ne savons exactement si ce fut en novembre ou en décembre. Toutefois, c'est le 28 novembre qu'il est commémoré dans le martyrologe Romain.


Codex Carolinus in JAFFE, Monumenta Carolina (Berlin, 1867), ou in Mon. Germ. Hist.; Epp., III (Berlin, 1892). Voir aussi la bibliographie de l'article GREGOIRE II.

HORACE K. MANN
Tiré de "Catholic Encyclopedia", copyright © 1913 by the Encyclopedia Press, Inc. Traduction française : Bertrand Blochet, Septembre 2002.