Innocent XII (1691 - 1700)

Tirée du Catholic Encyclopedia, Londres, 1913
Innocent XII

(ANTOINE PIGNATELLI)

Né à Spinalozzo près de Naples, le 13 mars 1615; décédé à Rome le 17 septembre 1700. Il entra à la Curie romaine à l'âge de vingt ans et fut nommé successivement vice-légat à Urbino, inquisiteur à Malte et Gouverneur de Pérouse. Sous Innocent X, il devint nonce en Toscane, et Alexandre VII l'envoya comme nonce en Pologne, où il mit de l'ordre dans les affaires ecclésiastiques et réunit les Arméniens à Rome. En 1668 il devint nonce de Vienne. Innocent XI le fit Cardinal-Prêtre de Saint-Pancrace-Hors-Les-Murs et évêque de Faenza le 1er septembre 1682, puis archevêque de Naples en 1687. Après la mort d'Alexandre VIII, les cardinaux entrèrent en conclave à Rome le 11 février 1691, mais ni les Français, ni les Espagnols-Habsbourg ne purent parvenir à faire élire leurs candidats. Un compromis résulta dans l'élection du cardinal Pignatelli le 12 juillet 1691. Dans sa bulle Romanum decet Pontificem (22 juin 1692), à laquelle souscrirent tous les cardinaux, il décréta que, dans le futur, nul pape ne serait autorisé à promouvoir au cardinalat plus d'un de ses parents. Envers les pauvres, qu'il appelait ses neveux, il fut extrêmement charitable; il transforma une partie du Latran en hôpital pour les nécessiteux, érigea de nombreuses institutions de charité et d'éducation, et compléta le grand palais Curia Innocenziana, qui sert désormais de Parlement Italien (Camera dei Deputati). En 1693 il incita le roi Louis XIV de France à abroger la Déclaration du Clergé Français, qui avait été adoptée en 1682. Les évêques qui avaient pris part à la Déclaration envoyèrent à Rome une rétractation écrite, sur quoi le pape envoya sa bulle de confirmation à ces évêques, auxquels elle avait été enlevée. En 1696, il renouvela la condamnation du Jansénisme prononcée par son prédécesseur et, dans sa brève Cum alias (12 mars 1699), il condamna vingt-trois propositions semi-quiétiste contenues dans les Maximes de Fénelon. Vers la fin de son pontificat, ses relations avec l'empereur Léopold devinrent quelque peu tendues, en particulier à cause du comte Martinitz, l'ambassadeur impérial à Rome, qui insistait encore sur le « droit d'asile » qui avait été aboli par Innocent XI. Ce fut en raison de l'arrogance de Martinitz qu'Innocent XII conseilla à Charles II d'Espagne de désigner un Français, le Duc d'Anjou, comme successeur testamentaire, acte qui mena à la Guerre de Succession d'Espagne.


Bullarium Innocentii XII (Rome, 1697); RANKE, Die römischen Päpste, tr. FOSTER, History of the Popes, II (Londres, 1906), 425-7; KLOPP, Hat der Papst Innocenz XII im Jahre 1700 dem Könige Karl II von Spanien gerathen, durch ein Testament den Herzog von Anjou zum Erben der spanischen Monarchie zu ernennen in Historisch-Politische Blätter, LXXXIII (Munich, 1879), 25-46 and 125-150; BRISCHAR in Kirchenlex., s. v.

MICHAEL OTT
Tiré de "Catholic Encyclopedia", copyright © 1913 by the Encyclopedia Press, Inc. Traduction française : Bertrand Blochet, janvier 2000.