Innocent VII (1404 - 1406)

Tirée du Catholic Encyclopedia, Londres, 1913
Innocent VII

(COSIMO DE MIGLIORATI)

Né de parents modestes à Sulmona dans les Abruzzes vers 1336; décédé le 6 novembre 1406. Il étudia à Pérouse, Padoue et finalement à Bologne, où il fut diplômé sous le fameux juriste Lignano. Après avoir enseigné la jurisprudence à Pérouse et Padoue pendant quelque temps, il accompagna son ancien professeur, Lignano, à Rome où il fut reçu à la Curie par Urbain VI (1378-1389). Peu après son arrivée à Rome, Urbain l'envoya comme collecteur pontifical en Angleterre, où il demeura environ dix ans. A son retour à Rome, il devint évêque de Bologne, en 1386, et le 5 décembre 1387, Archevêque de Ravenne. Il garda ce dernier siège jusqu'au 15 septembre 1400. En 1389, Boniface IX le fit cardinal-prêtre de la Sainte-Croix de Jérusalem et l'envoya comme légat en Lombardie et en Toscane en 1390. Il fut univesellement estimé pour sa piété et son érudition, et fut un habile gestionnaire des affaires financières. Le 17 octobre 1404, il fut élu et prit le nom d'Innocent VII. Son règne tomba au temps du schisme d'Occident, le pape rival étant Benoît XIII (1394-1423). Avant son élection, Innocent VII, comme les autres cardinaux, avait fait le serment de ne rien négliger, quitte même à abandonner la tiare, pour terminer le schisme. Peu après son accession il prit des mesures pour tenir son serment en proclamant la convocation d'un concile, mais les désordres qui occupaient Rome réduisirent à néant les bonnes intentions du pape, et le roi Ladislas de Naples se hâta de rentrer à Rome pour l'aider à mater l'insurrection. Pour rétribution de ses services, le roi extorqua à Innocent diverses concessions, parmi lesquelles la promesse qu'il ne passerait jamais aucun accord avec le pape rival sans stipuler que les droits du roi sur Naples devraient demeurer intacts. Non content de ces concessions, qu'Innocent avait faites pour la cause de la paix, Ladislas désirait étendre son pouvoir sur Rome et le territoire ecclésiastique. Pour atteindre ce but, il aida la faction des gibelins de Rome dans leur tentative de révolution en 1405. Innocent avait commis la grave erreur d'élever son vaurien de neveu, Ludovico Migliorati, au cardinalat. Cet acte de népotisme est le plus blâmable du court règne de ce pape vertueux par ailleurs. Mais il lui coûta cher. Le cardinal, furieux de voir les Romains se rebeller contre son oncle, arrêta quelques-uns des plus influents d'entre eux à leur retour d'une conférence avec le pape, et les fit amener à sa maison pour les y assassiner. Le peuple fut extrêmement indigné par cet acte cruel et le pape dut s'enfuir pour sauver sa vie, bien qu'il ne fût en rien responsable du crime de son neveu. Il s'installa à Viterbe jusqu'à ce que les Romains réclamassent son retour en 1406. Ils reconnurent à nouveau son autorité, mais un bataillon que le roi Ladislas de Naples avait envoyé au secours de Colonna occupait toujours le château de Saint-Ange et faisait de fréquentes sorties sur Rome et les environs. Ce n'est qu'après avoir été excommunié que Ladislas céda aux exigences du pape et retira ses troupes. Au milieu de ces troubles politiques, Innocent négligea ce qui était essentiel pour la santé de l'Eglise, la suppression du schisme. Son rival, Benoît XIII, fit remarquer que le seul obstacle à la résolution du schisme était la mauvaise volonté d'Innocent VII. Les raisons pour lesquelles Innocent ne fit pratiquement rien pour résoudre le schisme étaient l'agitation et les désordres qui régnaient dans Rome, sa méfiance envers les intentions de Benoît XIII, et l'attitude hostile du roi Ladislas de Naples. Peu avant sa mort, il projeta la restauration de l'université de Rome, mais son décès mit un frein à ce projet.


Vita Innocentii VII in Liber Pontificalis, ed. DUCHESNE, II (Paris, 1892), 508-10, 531-3, 552-4; et MURATORI, Rerum Italicarum Scriptores ab anno 500 ad 1500, III (Milan, 1723-51), ii, 832 sq.; BRAND, Innocenzo VII ed il delitto di suo nipote Ludovico Migliorati in Studi e Documenti di Storia e Diritto, XXI (Rome, 1900); BLIEMETZRIEDER, Das Generalkonzil im grossen abendlandischen Schisma (Paderborn, 1904); IDEM, Die Konzilsidee unter Innocenz VII. und König Ruprecht von der Pfalz in Studien und Mitteilungen aus dem Benediktiner und dem Cistercienser Orden, XXVII (Brünn, 1906), 355-68; VERNET, Le Pape Innocent VII et les Juifs in L'Université Catholique, XV (Lyon, 1894), 399-408; KNEER, Zur Vorgeschichte Papst Innocenz VII. in Historisches Jahrbuch, XII (Munich, 1891), 347-351.

MICHAEL OTT
Tiré de "Catholic Encyclopedia", copyright © 1913 by the Encyclopedia Press, Inc. Traduction française : Bertrand Blochet, 1999.