Innocent VIII (1484 - 1492)

Tirée du Catholic Encyclopedia, Londres, 1913
Innocent VIII

(GIOVANNI BATTISTA CIBO)

Né à Gênes en 1432; élu le 29 août 1484; mort à Rome le 25 juillet 1492. Il était le fils d'un sénateur Romain, Aran Cibo, et de Teodorina de Mari. Après une jeunesse licencieuse durant laquelle il eut deux enfants illégitimes, Franceschetto et Teodorina, il prit les ordres et entra au service du Cardinal Calandrini. Il fut fait évêque de Savona en 1467, mais changea son siège en 1472 pour celui de Molfetta en Italie du sud-est et fut nommé cardinal l'année suivante. Au conclave de 1484, il signa, comme tous les autres cardinaux présents, la lettre de résignation qui devait tenir le futur pape. Son premier objet était de sauvegarder les intérêts personnels des électeurs. Le choix tomba sur Cibo lui-même qui, en l'honneur de son compatrioite, Innocent IV, prit le nom d'Innocent VIII. Son succès au conclave et sa promotion de cardinal étaient largement dus à Giuliano della Rovere. Le souci principal du nouveau pape, dont la gentillesse est universellement louée, fut la recherche de la paix parmi les princes chrétiens, bien que lui-même se trouvât en difficulté avec le roi Ferrante de Naples. Le conflit prolongé avec Naples fut le principal obstacle à une croisade contre les Turcs: Innocent VIII essaya sincèrement d'unir la chrétienté contre l'ennemi commun. Les circonstances apparaissaient particulièrement favorables, car le prince Djem, frère du Sultan et prétendant au trône de Turquie, était retenu prisonnier à Rome et promit sa coopération dans la guerre et le retrait des Turcs d'Europe en cas de succès. Un congrès de princes chrétiens se réunit en 1490 à Rome, mais il ne mena nulle part. D'un autre côté, le pape eut la satisfaction de voir la chute de Grenade (1491), qui couronnait la reconquête de l'Espagne sur les Maures et gagna au roi d'Espagne le titre de Majesté Catholique. En Angleterre, il proclama les droits d'Henry VII et de sa descendance sur le trône et accorda aussi quelques modifications liées au privilège du sanctuaire. La seule canonisation qu'il proclama fut celle du Margrave Léopold d'Autriche (6 janvier 1485). Il lança un appel à la croisade contre les Vaudois, s'opposa activement à l'hérésie Hussite en Bohême, et interdit (déc. 1486) sous peine d'excommunication, la lecture de neuf cent thèses que Pic de la Mirandole avait publiquement affichées dans Rome. Le 5 décembre 1484, il publia sa Bulle très controversée contre la sorcellerie et le 31 mai 1492 il reçut solennellement la Sainte Lance que le Sultan avait rendue aux Chrétiens. Constamment confronté à un trésor vide, il recourut à l'expédient contestable de créer de nouvelles charges et de les donner au plus offrant. Durant son règne, l'insécurité régnait à Rome en raison de la répression insuffisante du crime. Cependant il mena une lutte sans merci contre une bande d'officiels sans scrupules qui rédigeaient et vendaient de fausses Bulles papales; la peine capitale fut appliquée à deux des coupables en 1489. Parmi ces falsifications, on doit mentionner la permission allouée aux Norvégiens de célébrer la messe sans vin. Voir Bullarium Romannum, III,iii (Rome, 1743), 190-225.


BURCHARD, Diarium, ed. THUASNE, I (Paris, 1883); INFESSURA, Diario della Città di Roma, ed. TOMMASINI in Fonti per la Storia d'Italia, V (Rome, 1890); CIACONIUS-OLDOINUS, SERDONATI, Vita d' Innocenzo VIII (Milan, 1829); PASTOR, Geschichte der Päpste (4tb ed., Fribourg, 1899), 175-285: bibliog. XXXVII-LXIX; tr. ANTROBUS, (2nd ed., St. Louis, 1901) , V, 229-372; CREIGHTON, A History of the Papacy, nouv. éd., IV (Londres et New-York, 1903), 135-182; GARNETT in The Renaissance Cambridge Modern History, I (New-York, 1903), 221-225; ROSCOE, Lorenzo de Medici (Londres, 1865), 214-229, 362; KRÜGER, The Papacy (trad. ang., New-York, 1909), 146, 151-153.

N.A. WEBER
Tiré de "Catholic Encyclopedia", copyright © 1913 by the Encyclopedia Press, Inc. Traduction française : Bertrand Blochet, 1999.