Jean II (533 - 535)

Tirée du Catholic Encyclopedia, Londres, 1913
Jean II

La date de naissance de ce pape est inconnue. Il était romain, fils de Projectus. S'il n'est pas né dans la seconde région (Coelimontium) il avait au moins été prêtre de la basilique St-Clément sur les pentes du Mont Coelius. Il semble avoir été le premier pape à changer de nom lors de son élection (2 janvier 533). La basilique St-Clément contient encore plusieurs mémoriaux de "Johannes surnommé Mercure". Presbyter Mercurius apparaît sur un fragment d'un ancien ciboire, et plusieurs des tables de marbre qui entourent la schola cantorum comportent , dans le style du sixième siècle, le monogramme de Johannes. A cette époque, la simonie dans l'élection des papes et des évêques était répandue parmi le clergé et les laïcs. Après la mort du prédécesseur de Jean II il y eut une vacance de plus de deux mois, et durant cette période un trafic sans vergogne des choses sacrées se mit en place. Même la vaisselle sacrée était exposée sur les marchés. La question fut portée devant le sénat, et devant la cour arienne des Ostrogoths de Ravenne. En conséquence, le dernier décret que le Sénat de Rome ait jamais publié et qui, passé sous Boniface II, était dirigée contre la simonie dans les élections papales, fut confirmé par le roi gothique Athalaric. Il ordonna qu'il fût gravé dans le marbre, et placé dans l'atrium de la basilique St-Pierre (533). Par un ajout personnel d'Athalaric au décret, il fut décidé que si une élection contestée se trouvait portée devant les officiels gothiques de Ravenne par le clergé et le peuple, trois mille solidi devraient être payés à la cour. Cette somme devait être donnée aux pauvres. Jean lui-même, toutefois, resta toujours en bons termes avec Athalaric, qui soumettait à son tribunal toutes les actions portées contre le clergé romain. Justinien montra aussi sa bonne volonté envers le siège de Rome à travers la personne de Jean. Il lui envoya sa profession de foi et de nombreux cadeaux de valeur. Quelque temps avant que Jean ne devînt pape, l'Orient fut agité par la formule "Un de la Trinité fut crucifié", qui avait été mise en avant comme un moyen de réconcilier différentes sectes hérétiques. Condamnée par le pape Hormisdas, la formule tomba en désuétude. Après quoi elle fut exhumée sous une forme modifiée défendue par Justitnien, et à laquelle s'opposaient les Acoemetae, ou moines sans sommeil. Mais ils furent condamnés par le pape qui informa l'empereur de son action (24 mars 534). Les crimes de Contumeliosus, évêque de Riez en Provence, amenèrent Jean à ordonner aux évêques de Gaule de l'enfermer dans un monastère. Il ordonna au clergé de Riez d'obéir à l'évêque d'Arles jusqu'à la nomination d'un nouvel évêque. Deux cent dix-sept évêques assemblés en concile à Carthage (535) soumirent à Jean II la question de savoir si les évêques qui avaient sombré dans l'arianisme devaient, après s'être repentis, garder leur rang ou être juste admis en communion. La réponse à cette question sera donnée par Agapet II, car Jean II mourut le 8 mai 535. Il fut enterré à St Pierre.


HORACE K. MANN
Tiré de "Catholic Encyclopedia", copyright © 1913 by the Encyclopedia Press, Inc. Traduction française : Bertrand Blochet, Mars 2000.