Jean VII (705 - 707)

Tirée du Catholic Encyclopedia, Londres, 1913
Jean VII

Année de naissance inconnue; décédé le 18 octobre 707. Il nous reste peu de faits de sa vie. Comme bien d'autres papes durant la période d'influence byzantine sur Rome, Jean était Grec. Elevé dans une famille distinguée, il était le fils de Blatta et Platon. Ce dernier dirigea diverses restaurations dans le palais impérial du mont Palatin à Rome et, pour le plaisir, peut-être, de vivre là où ses parents avaient autrefois vécu, Jean, une fois devenu pape (le 1er mars 705) construisit un palais (episcopium) près de l'église Sancta Maria Antiqua. Avant son élection, Jean était recteur du patrimoine pontifical sur la voie Appienne. C'est à ce titre qu'il érigea un mémorial « avec un coeur brisé, à une mère très aimante et incomparable, et au plus doux des pères » (687). L'église Sancta Maria Antiqua, déjà mentionnée, est l'une des églises que Jean embellit et restaura durant son pontificat. Il décora de fresques la basilique de la Sainte Mère de Dieu, appelée communément « la Vieille », et la dota d'un nouvel ambon. Quand les restes de cette église furent découverts en 1900, parmi les nombreuses figures trouvées sur les murs, on estima que l'une d'elles, surmontée d'une auréole carrée, était supposée représenter Jean lui-même. On découvrit aussi la base de son ambon. Elle portait des inscriptions qui le proclamaient « le serviteur de Marie ». Jean érigea aussi une chapelle à Notre-Dame dans la basilique Saint-Pierre. Quand son oratoire fut détruit, quelques-une de ses mosaïques furent préservées, et peuvent être admirées dans l'église romaine Sainte-Marie-en-Cosmedin ainsi qu'en d'autres lieux. Bien que Jean fût un homme d'érudition et d'éloquence, et bien qu'il fût remarquable pour son affection filiale et sa piété, il était d'un caractère timoré. C'est pourquoi, quand le féroce empereur Justinien II lui envoya les décrets du Concile de Quinisext « qui contenaient bien des articles hostiles au siège de Rome », en lui demandant de mentionner ce qu'il y approuvait, Jean les lui retourna simplement, comme s'ils ne contenaient rien de condamnable.

Il obtint du roi Lombard Aripert II la restitution des terres pontificales des Alpes Cottiennes, que les Lombards avaient confisquées. On attribue à Jean d'avoir obtenu des clercs Anglo-Saxons résidant à Rome qu'ils renoncent à leur style de vêtement séculier, et d'avoir écrit à ceux d'Angleterre pour leur enjoindre de suivre cet exemple. Jean mourut dans le palais qu'il avait construit près du Palatin, et fut enterré dans l'oratoire qu'il avait érigé dans la basilique Saint-Pierre.


Liber Pontificalis, I, 385 sqq.; NICEPHORUS ET THEOPHANE, Chron., 696-8; BEDE, De sex ætat., ad an. 708; PAUL LE DIACRE, Hist. Lang., VI, 23 (28); RUSHWORTH, Papers of the British School at Rome, I (Londres, 1902); FEDERICI in Archivio Rom. di stor. pat., XX XIII (Borne, 1900), 517 sqq.; MARUCCHI, Le Forum Romain (Paris, 1902), 230 sqq.; MANN, Lives of the Popes in the early Middle Ages, vol. I, pt. 1 (Londres et St. Louis, 1902), 109 sqq.)

HORACE K.MANN
Tiré de "Catholic Encyclopedia", copyright © 1913 by the Encyclopedia Press, Inc. Traduction française : Bertrand Blochet, Septembre 2002.