Jean IX (898 - 900)

Tirée du Catholic Encyclopedia, Londres, 1913
Jean IX
Non seulement nous ignorons sa date de naissance, mais celle de son élection comme pape et celle de sa mort sont également incertaines. Il devint pape dans les premiers jours de 898, et mourut au début de l'an 900. Il était natif de Tivoli, et son père s'appelait Rampoald. Devenant bénédictin, il fut ordonné prêtre par le pape Formose. A cette époque, les factions infestaient la ville de Rome, et l'une d'entre elles tenta de forcer l'élection de son candidat, Serge, qui deviendra plus tard Serge III, sur le trône pontifical en opposition à Jean. Peut-être parce qu'il avait la faveur de la maison ducale de Spolète, Jean put maintenir sa position, et Serge fut expulsé de la ville et excommunié. En vue de vaincre les violences des factions dans Rome, Jean, que les chroniqueurs disent intelligent et modéré, tint plusieurs synodes, à Rome et ailleurs (898). Au cours de ces synodes, le détestable synode d'Etienne VII fut condamné et ses actes furent brûlés. Les ré-ordinations furent interdites, et les membres du clergé qu'Etienne avait dégradés furent réhabilités dans le corps duquel il les avait déposés. La coutume barbare de piller les palais des papes ou des évêques à leur décès fut interdite à la fois par les pouvoirs spirituel et temporel. Le synode de Rome se déclara aussi pour l'empereur Lambert contre son rival Bérenger, et dans le même temps décida que le pape nouvellement élu ne devrait être consacré qu'en présence des envoyés de l'empereur. Ce canon fut décrété dans l'espoir d'amoindrir le pouvoir de nuisance des factions romaines. Un synode que Jean tint à Ravenne décréta que des mesures devraient être prises pour mettre fin aux violences qui se perpétraient partout. Pour conserver leur indépendance menacée par les Allemands, les Slaves de Moravie firent appel à Jean pour leur permettre d'avoir leur propre primat. Sans prêter attention aux lettres menaçantes par lesquelles certains évêques allemands tentèrent de le dissuader de donner satisfaction aux Moraves, Jean ratifia la création d'un métropolitain et et de trois évêques pour l'Eglise de Moravie. Sur les pièces de Jean figurent le nom de l'empereur Lambert et le sien. Il fut enterré juste à côté de la basilique Saint-Pierre.

FLODOARD, De triumph. Christi, XII, 7, in P.L., CXXXV; DÜMMLER, Auxilius and Vulgarius (Leipz zig, 1866); MANSI, Concilia, XVIII, 222 sqq.; Lettres de Jean IX in P.L., CXXXI; DUCHESNE, The Beginnings of the Temporal Power (trad. Londres, 1908), 202 sqq.; MANN, Lives of f the Popes, IV (Londres, 1910), 91 sqq.

HORACE K. MANN
Tiré de "Catholic Encyclopedia", copyright © 1913 by the Encyclopedia Press, Inc. Traduction française : Bertrand Blochet, Septembre 2003.