Lucien III (1181 - 1185)

Tirée du Catholic Encyclopedia, Londres, 1913
Lucien III

(UBALDO ALLUCINGOLI)

Né à Lucca, date inconnue; décédé à Vérone le 25 novembre 1185. Innocent II le fit cardinal-prêtre de Sainte-Praxède le 23 février 1141, puis l'envoya en France comme légat. Sous Eugène III, il fut envoyé comme légat en Sicile et le 1er janvier 1159, il devint évêque d'Ostie et Velletri. En 1177, il fut envoyé par Alexandre III pour prendre part au fameux congrès de la paix à Venise, où un règlement amical fut trouvé entre Alexandre III et l'empereur Frédéric Ier. Par la suite, il fut nommé membre de la commission de justice qui fut instituée pour enquêter sur la validité de la donation de la comtesse Mathilde, mais qui n'aboutit à aucune conclusion. Le 1er septembre 1181, un jour après la mort d'Alexandre III, il fut élu pape à Velletri où il fut aussi couronné le dimanche suivant, 6 septembre. Début novembre, il vint à Rome, mais là, le parti des révolutionnaires, parce qu'il refusait de leur octroyer certains privilèges que ses prédécesseurs avaient accordés, s'enflamma bientôt contre lui, au point qu'il fut contraint de quitter Rome à la mi-mars 1182. Il se rendit à Velletri où il reçut les ambassadeurs que le roi Guillaume d'Ecosse avait envoyés pour obtenir l'absolution du ban qu'il avait encouru sous Alexandre III. Il libéra le roi de toutes les censures ecclésiastiques et, en signe de bonne volonté, lui envoya la Rose d'Or le 17 mars 1183. De Velletri, le pape se rendit ensuite à Segni où, le 5 septembre 1183, il canonisa Saint Bruno, qui avait été évêque de ce lieu. Il retourna alors à Rome pour tenter de mettre fin aux continuelles querelles intestines des Romains, mais ils lui rendirent la vie si insupportable qu'il quitta la ville une seconde fois.

Après un court séjour en Italie du sud, Lucien III se rendit à Bologne où il consacra la cathédrale le 8 juillet 1184. Il passa le reste de son pontificat à Vérone où, avec l'aide de l'empereur Frédéric Ier, il convoqua un synode d'octobre à novembre 1184, au cours duquel des mesures sévères furent prises à nouveau contre les hérésies de l'époque, particulièrement contre les Cathares, les Vaudois et les Arnoldistes. Lors de ce synode, l'empereur promit de se lancer dans les préparatifs d'une croisade en Terre Sainte. Bien que les relations entre Lucien III et l'empereur Frédéric Ier ne fussent pas ouvertement hostiles, elles furent néanmoins toujours tendues. Quand, après la mort de l'évêque Arnold de Trèves, une double élection s'ensuivit, le pape refusa fermement de donner son approbation à Volkmar, le candidat de la minorité, bien que l'empereur l'eût déjà nommé à Constance. Lucien III ne céda pas non plus à l'empereur qui lui demandait de reconsacrer et confirmer dans leurs sièges les évêques allemands qui avaient été illégalement nommés par les antipapes. Il refusa aussi d'accéder à la requête de Frédéric qui voulait faire couronner empereur son fils Henry IV. De son côté, Frédéric ne voulut pas reconnaître la validité de la Donation de Mathilde au Saint Siège, et ne défendit pas Lucien contre les barons romains. Les lettres et décrets de Lucien III sont imprimés en P.L., CCI, 1071-1376.


JAFFE, Regesta pontificum Romanorum (Leipzig, 1885-8); Liber Pontificalis, ed. DUCHESNE, II (Paris, 1886-92), 450; WATTERICH, Pontificum Romanorum vitae, II (Leipzig, 1862), 650-62; PIGHI, Centenario di Lucio III e Urbano III in Verona (V Verona, 1886); GRISAR in Kirchenlex; SCHEFFER-BOICHORST, Kaiser Friedrichs letzer Streit mit der Kurie (1866); GREGOROVIUS, Gesch. der Stadt Rom im Mittelalter (Stuttgart, 1859-72); VON REUMONT, Gesch. der Stadt Rom (Berlin, 1867-70).

MICHAEL OTT
Tiré de "Catholic Encyclopedia", copyright © 1913 by the Encyclopedia Press, Inc. Traduction française : Bertrand Blochet, Février 2004.