St Pascal Ier (817 - 824)

Tirée du Catholic Encyclopedia, Londres, 1913
St Pascal Ier

Sa date de naissance est inconnue; il décéda en avril, mai ou juin 824. Il était le fils d'un Romain nommé Bonose. Alors qu'il était encore jeune, il entra dans le clergé romain et fut intégré dans le patriarcat pontifical (au Palais du Latran) où il fut instruit au Service Divin et dans les Saintes Ecritures. Léon III l'ayant nommé supérieur du monastère Saint-Etienne près de la basilique Saint-Pierre au Vatican, il prit part au soin des pèlerins qui venaient à Rome. A la mort d'Etienne IV, le 24 juin 817, Pascal lui fut unanimement choisi comme successeur. Le jour suivant, il fut consacré et intronisé. Il entra en relations avec l'empereur Louis, lui envoyant rapidement plusieurs ambassades. En 817, il reçut de l'empereur un document, le Pactum Ludovicianum, confirmant les droits et les possessions du Saint-Siège. Ce document, qui fut plus tard amendé, existe toujours.(cf. en particulier Sickel, Das Privileg Ottos I für die römische Kirche, Innsbruck, 1883, 50 sqq., 174 sqq.). Pascal resta en termes amicaux avec la noblesse française et envoya une délégation spéciale dotée de riches présents pour le mariage du Roi Lothaire Ier, fils de l'empereur Louis. Au printemps 823, Lothaire vint à Rome et le 5 avril il fut solennellement couronné empereur par Pascal. Bien que le pape lui-même s'opposât à la souveraineté des empereurs Francs sur la ville de Rome et les territoires romains, de hauts fonctionnaires du palais pontifical, notamment Primicerius Theodore et son beau-fils Léon Nomenculator, se placèrent à la tête du parti qui soutenait les Francs et prirent cause pour la suprématie de l'empereur. Peu après le départ du roi Lothaire en 823, ces deux officiers furent aveuglés et tués par les serviteurs du pape. Pascal lui-même fut accusé d'être à l'origine de cette forfaiture, mais il se lava de ces soupçons en prêtant serment. Les ambassadeurs envoyés à Rome par l'empereur Louis pour enquêter sur cette affaire ne purent punir les coupables, car le pape déclara les dignitaires assassinés coupables de trahison. Pascal soutint de nouvelles expéditions missionnaires qui partirent de l'empire Franc. il envoya une lettre d'introduction à l'évêque Halitgar de Cambrie, et nomma l'Archevêque Ebo de Reims légat pontifical pour les contrées du Nord de l'Europe.

En 814, sous Léon l'Arménien, la controverse iconoclaste reprit avec une violence accrue dans l'Empire Byzantin. Théodore de Studium, le grand champion de l'orthodoxie, écrivit à plusieurs reprises au pape Pascal, qui l'encouragea à persévérer dans sa lutte. Dans le même temps, Théodose de Constantinople, illégalement fait patriarche par l'empereur Léon, envoya au pape une délégation. Ce dernier, cependant, demeura loyal envers la cause de Théodore de Studium, et envoya à Léon des légats afin de le gagner à la cause pontificale contre les iconoclastes, mais sans succès. De nombreux moines qui avaient été chassés de Grèce par Léon vinrent à Rome où le pape les reçut affectueusement, les plaçant dans les monastères nouvellement fondés, tels Ste-Praxède, Ste-Cécile, St-Serge-et-Bacchus, près du palais du Latran. Pascal fut très actif dans la restauration, l'achèvement et l'embellissement des églises et des monastères: C'est lui qui fit reconstruire les basiliques Ste-Praxède, Ste-Cécile et Sainte-Marie-de-Dominica. Les mosaïques qui ornaient à cette époque les absides de ces trois églises ainsi que la chapelle St-Zeno dans Ste-Praxède, démontrent aujourd'hui à quel point cet art avait régressé. A Saint-Pierre, il érigea des chapelles et des autels, où furent placés les reliques de martyrs des catacombes, et en particulier celles des saints Processus et Marinianus. Il plaça aussi les reliques de nombreux martyrs romains dans l'église Ste-Praxède, où l'on peut encore lire leurs noms. La découverte des reliques de Sainte Cécile et de ses compagnons et leur transfert à la nouvelle église Ste-Cécile-en-Trastevere, est bien décrite dans le Liber Pontificalis (cf. Kirsch, Die hl. Cäcilia in der römischen Kirche des Altertums, Paderborn, 1910). Il fit de grandes améliorations dans le choeur de l'église Sainte-Marie-Majeure. Pascal fut enterré dans l'église Ste-Praxède, et il est honoré comme saint le 14 mai.


Liber Pontificalis, ed. DUCHESNE, II, 52 sqq.; Einhardi Annals in Mon. Germ, hist.: Script., I, 124 sqq.; JAFFÉ, Regesta Rom. Pont., 2e éd., I (Leipzig, 1885), 318 sqq.; SIMSON, Jahrbücher der deutschen Reiches unter Ludwig dem Frommen (Leipzig, 1874-76); DUCHESNE, Les premiers temps de l'Etat pontifical in Revue d'hist. et de littér. religeuses, I (Paris, 1896), 297 sqq.; HARTMANN, Geschichte Italiens im Mittelalter, III, pt. i (Gotha, 1008); MARUCCHI, Basiliques et églises de Rome (Rome, 1902).

J. P. KIRSCH,
Tiré de "Catholic Encyclopedia", copyright © 1913 by the Encyclopedia Press, Inc. Traduction française : Bertrand Blochet, Septembre 2003.