St Pierre (30 - 67)

Tirée du Catholic Encyclopedia, Londres, 1913
St Pierre, prince des apôtres

La vie de Saint Pierre peut être considérée selon la division en six chapitres suivante :

I. JUSQU'A L'ASCENSION DU CHRIST

Bethsaïde

Le nom véritable et original de Saint Pierre était Simon, apparaissant parfois dans la forme Syméon (Ac 15:14, II P 1:1). Il était l'un des fils de Jonas (Johannes) et naquit à Bethsaïde (Jean 1:42,44), ville située au bord du Lac de Gennésareth et dont l'emplacement ne peut être établi aujourd'hui avec certitude, bien qu'on la situe généralement sur la rive nord du lac. L'apôtre André était son frère, et l'apôtre Philippe venait de la même ville.

Capharnaüm

Simon s'intalla à Capharnaüm, où il vivait avec sa belle-mère dans sa propre maison (Matthieu 8:14, Luc 4:38) au début du ministère public du Christ (environ A.D 26-28). Ainsi, Simon était marié, et, selon Clément d'Alexandrie (Stromata, III, vi, ed.Dindorf, II,276), il avait des enfants. Le même auteur rapporte la tradition disant que la femme de Pierre souffrit le martyre (ibid.,VII,xi ed.cit. II,306). Concernant ces faits, adoptés par Eusèbe (Hist.Eccl,III,xxxi) d'après Clément, l'ancienne littérature chrétienne arrivée jusqu'à nous est silencieuse. Simon occupait à Capharnaüm la lucrative condition de pêcheur sur le Lac Gennésareth, possédant son propre bateau (Luc 5:3).

Pierre rencontre Notre Seigneur

Comme tant de ses contemporains Juifs, il se sentit attiré par la prédication de Jean-Baptiste appelant à la pénitence et il se trouva, avec son frère André, parmi les associés de Jean à Béthanie sur la rive droite du Jourdain. Quand, après que le Grand Conseil eût envoyé pour la deuxième fois des émissaires au Baptiste, ce dernier montra Jésus qui passait en disant "Voici l'Agneau de Dieu", André et un autre disciple suivirent le Sauveur jusqu'à sa résidence et demeurèrent avec Lui une journée.

Plus tard, rencontrant son frère Simon, André lui dit: "Nous avons trouvé le Messie", et le conduisit à Jésus, qui, le regardant, dit "Tu es Simon le fils de Jonas: tu t'appelleras Céphas, ce qui veut dire Pierre". Déjà, à sa première rencontre, le Sauveur prédisait le changement de nom de Simon pour Céphas (Kephas; en Araméen Kipha : "le roc"), qui se traduit Petros (Lat. Petrus), une preuve que le Christ avait déjà des intentions spéciales en ce qui concernait Simon. Plus tard, probablement lors de l'appel définitif à l'Apostolat avec les onze autres Apôtres, Jésus donna réellement à Simon le nom de Céphas (Petrus), d'après lequel il est habituellement appelé Pierre, spécialement par le Christ à l'occasion solennelle de sa profession de foi (Mt 16:18, voir ci-dessous). Les Evangélistes combinent souvent les deux noms, tandis que Saint Paul utilise le nom de Céphas.

Pierre devient un disciple

Après la première rencontre, Pierre et quelques autres disciples restent avec Jésus quelque temps. Bien que de caractère impulsif, il s'attache avec la plus grande fidélité, la fermeté dans la foi, et un amour intérieur pour le Sauveur; aussi bien en paroles qu'en actes, il est plein de zèle et d'enthousiasme, bien que par moments soumis aux influences extérieures et pouvant être intimidé par les difficultés. Plus les apôtres deviennent importants dans le récit évangélique, plus Pierre apparaît clairement comme le premier d'entre eux. Dans la liste des Douze à l'occasion de leur appel solennel à l'Apostolat, non seulement Pierre apparaît toujours en tête, mais le surnom Petrus que lui a donné le Christ est particulièrement mis en exergue (Matthieu 10:2). "Duodecim autem Apostolorum nomina haec: Primus Somon qui dicitur Petrus..." Marc,3:14-16: "Et fecit ut essent duodecim cum illo, et ut mitteret eos praedicare... et imposuit Simoni nomen Petrus" Luc, VI, 13-14: "Et cum dies factus esset, vocavit dissipulos suos, et elegit duodecim ex ipsis (quos et Apostolos nominavit): Simonem, quem cognominavit Petrum..." En diverses occasions, Pierre parle au nom des autres apôtres (Mt,XV,15; XIX,27; Lc,XII,41,etc...). Quand la parole du Christ est adressée à tous les Apôtres, Pierre répond en leur nom à tous (ex: Mt,XVI,16). Souvent, le Sauveur s'adresse spécialement à Pierre (Mt,XXVI,40;Lc,XXII,31,etc.)

Très caractéristique est l'expression de fidélité à Jésus, que Pierre lui adressa au nom des autres Apôtres. Le Christ, après qu'Il eut parlé du mystère de la réception de Son Corps et de Son Sang (Jn,6:22) et que beaucoup de ses disciples l'eurent quitté, demanda aux douze si eux aussi allaient le quitter; La réponse de Pierre vint immédiatement: "Seigneur, vers qui irons-nous? Tu as les paroles de la Vie éternelle. Et nous avons cru et nous avons connu que tu es le Saint de Dieu" (Vulg. "Tu es le Christ, le Fils de Dieu"). Le Christ lui-même accorde immanquablement à Pierre une préséance spéciale et la première place parmi les Apôtres, et le désigne comme tel en diverses occasions. Pierre fut l'un des trois Apôtres (avec Jacques et Jean) qui se trouvaient avec le Christ en certaines occasions particulières: La résurrection de la fille de Jaïre (Mc,V,37; Lc,VIII,51); La Transfiguration du Christ (Mt,XVII,1;Mc,IX,1;Lc,IX,28); l'Agonie au Jardin de Gethsemani (Mt,XVII,24 sqq).

Pierre devient le Chef des Apôtres

Le Christ mit l'accent sur la préséance de Pierre parmi les Apôtres d'une façon particulièrement solennelle quand, après que Pierre L'eût reconnu comme le Messie, Il lui promit qu'il serait à la tête de son Troupeau. Jésus résidait alors avec ses apôtres aux environs de Césarée de Philippe, engagé dans Son oeuvre de salut. Alors que la venue du Christ ressemblait si peu en puissance et en gloire aux attentes du Messie, bien des points de vue circulaient sur Son compte. Tandis qu'Il voyageait avec ses apôtres, Jésus leur demanda: "Selon les gens, qui est le Fils de l'Homme?" Les Apôtres répondirent: "Pour certains, Jean le Baptiste, et pour d'autres Elie, pour d'autres encore Jérémie, ou quelque prophète". Jésus leur dit: "Mais vous, qui dites-vous que Je suis?" Simon répondit : "Tu es le Christ, le Fils du Dieu Vivant". Et Jésus lui répondit: "Béni sois-tu, Simon Bar-Jona; parce que ce n'est pas le sang et la chair qui t'ont révélé cela, mais mon Père qui est dans les cieux. Et moi je te dis: Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise, et les portes de l'enfer ne prévaudront pas contre elle. Et je te donnerai les clefs du Royaume des Cieux. Et quoi que tu lies sur la terre, ce sera tenu pour lié dans les cieux; et quoi que tu délies sur la terre, ce sera tenu dans les cieux pour délié." Alors il commanda aux disciples de ne dire à personne que c'était lui, Jésus, qui était le Christ. (Mt,XVI,13-20;Mc,VIII,27-30;Lc, IX,18-21).

Par le mot "roc" le Sauveur ne peut s'être désigné Lui-même, mais seulement Pierre, comme on le voit beaucoup mieux en langue Araméenne, où le même mot (Kipha) désigne "pierre" et "rocher". Son choix dans ce cas n'admet qu'une explication, à savoir qu'il choisit de faire de Pierre la tête de toute la communauté de ceux qui croyaient en Lui comme le vrai Messie; que sur cette fondation (Pierre), le Royaume du Christ ne pourrait être conquis, que la conduite spirituelle des croyants serait placée dans les mains de Pierre, comme représentant spécial du Christ. Cette signification devient d'autant plus claire quand nous nous souvenons que les mots "lié" et "délié" ne sont pas métaphoriques, mais des termes juridiques chez les Juifs. Il est clair également que la position de Pierre parmi les autres Apôtres et dans la communauté chrétienne était la base du Royaume de Dieu sur la terre, c'est à dire l'Eglise du Christ. Pierre fut personnellement intronisé comme Prince des Apôtres par le Christ lui-même. Cette fondation créée pour l'Eglise par son fondateur ne pouvait disparaître avec la personne de Pierre, mais elle était destinée à continuer, et continua effectivement (comme l'histoire actuelle le montre) à travers la primauté de l'Eglise de Rome et de ses évêques. Parfaitement inconsistante et impossible à soutenir est la position des Protestants qui (comme Schnitzer dans les temps récents) affirment que la primauté des évêques de Rome ne peut être déduite de la préséance de Pierre parmi les Apôtres. Exactement comme l'activité essentielle des Douze Apôtres attachés à la construction et à l'extension de l'Eglise ne devait pas disparaître avec leur mort, aussi sûrement la Primauté Apostolique de Pierre ne devait pas disparaître. Etant voulue par le Christ, elle doit avoir continué son existence et son développement dans une forme appropriée à l'organisme ecclésiastique, juste comme la charge des Apôtres se poursuivait dans une forme appropriée. Des objections ont été élevées contre l'autenthicité du passage, mais les témoignages unanimes des manuscrits, les passages parallèles des autres Evangiles, et la croyance constante de la littérature pré-constantine fournissent les plus sûres preuves de l'autenthicité et de l'incontestabilité du texte de Matthieu (cf. "Stimmen aus MariaLaach" ;I,1896,129 sqq; "Theologie une Glaube",II, 1910, 842 sqq).

Sa difficulté avec la Passion du Christ

Malgré la fermeté de sa foi en Jésus, Pierre n'avait pas jusqu'à ce point une connaissance claire de la mission et de l'oeuvre du Sauveur. En particulier, les souffrances du Christ, en contradiction avec sa conception du Messie, lui étaient inconcevables, et sa conception erronée lui valut un sévère reproche de la part de Jésus (Mt,XVI,21-23, Mc,VIII,31-33). Le caractère indécis de Pierre, qui se manifesta encore en dépit de sa fidélité enthousiaste pour son Maître, se révéla clairement en harmonie avec la Passion du Christ. Le Sauveur lui avait déjà dit que Satan avait voulu le tamiser comme la farine. Mais le Christ avait prié pour lui afin que sa foi ne se perde pas, et qu'une fois converti il affermisse ses frères. (Lc,XXII,31-32). L'assurance de Pierre qu'il était prêt à suivre son Maître à la prison et dans la mort, contredisait la prédiction du Christ qu'il allait Le trahir (Mt,XXXVI,30-35; Mc,XIV,26-31; Lc,xxii,31-34; Jn,XIII,33-38). Quand le Christ décida de laver les pieds de ses disciples avant le dernier repas et commença par Pierre, ce dernier protesta tout d'abord mais, quand le Christ lui déclara que sans cela il n'aurait pas de part avec Lui, il rétorqua immédiatement: "Seigneur, non seulement mes pieds mais aussi mes mains et ma tête!" (Jn, XIII, 1-10). Au jardin de Gethsemani Pierre eut à subir du Sauveur le reproche qu'il s'était endormi comme les autres, pendant que son Maître souffrait une angoisse mortelle (Mc,XIV,37). Lors de l'arrestation de Jésus, Pierre, dans un accès de colère, voulut défendre son maître par la force, mais il en reçut l'interdiction. Il essaya tout d'abord de s'enfuir avec les autres Apôtres (Jn,XVIII,10-11; Mt,XXVI,56); puis s'en retournant, il suivit son Maître captif jusqu'à la cour du Grand Prêtre, et là il renia Jésus, affirmant clairement et jurant qu'il ne le connaissait pas. (Mt,XXVI,58-75; Mc,XIV,54-72; Lc,XXII, 54-62; Jn,XVIII,15-27). Ce reniement était dû, bien entendu, non à la perte de la foi intérieure dans le Christ, mais à la peur et à la lâcheté. Son chagrin n'en fut que plus amer, quand, après que son maître eut tourné son regard vers lui, il reconnut clairement ce qu'il avait fait.

Le Seigneur relevé confirme la préséance de Pierre

Malgré sa faiblesse, sa position à la tête des Apôtres fut confirmée plus tard par Jésus, et sa préséance ne fut pas moins manifeste après la Résurrection qu'avant. Les femmes, qui furent les premières à trouver vide le tombeau du Christ, reçurent de l'ange un mesage spécial pour Pierre (Mc, XVI,7). C'est à lui seul que le Christ apparut le premier jour qui suivit la Résurrection (Lc,XXIV,34; ICor,XV,5). Mais le plus important de tout, quand Il apparut au lac de Gennésareth, Le Christ renouvela à Pierre sa mission spécifique de nourrir et de protéger son Troupeau, après que Pierre eut affirmé par trois fois son amour sans faille pour son maître (Jn,XXI,15-17). En conclusion le Christ prédit la mort violente que Pierre aurait à souffrir, et ainsi l'invita à le suivre d'une façon particulère (ibid.,20-23). Ainsi Pierre fut appelé et préparé à l'Apostolat et revêtu de la primauté sur les Apôtres, qu'il exerça sans aucune équivoque après l'Ascension du Christ au Ciel.

II – SAINT PIERRE A JERUSALEM ET EN PALESTINE APRES L'ASCENSION

Notre information concernant les premières activités apostoliques de Saint Pierre à Jérusalem, en Judée et dans les régions septentrionales jusqu'à la Syrie proviennent princpalement de la première partie des Actes des Apôtres, et se trouve incidemment confirmée par des recoupements avec les Epîtres de Saint Paul. Parmi la foule des Apôtres et des disciples qui, après l'Ascension du Christ aux Cieux depuis le Mont des Oliviers, retournèrent à Jérusalem pour attendre l'accomplissement de Sa promesse d'envoyer le Saint-Esprit, Pierre se manifeste immédiatement comme le chef d'eux tous, et il est ainsi constamment reconnu comme la tête de la communauté chrétienne de Jérusalem. Il prend l'initiative de la nomination au Collège Apostolique d'un autre témoin de la vie, de la mort et de la résurrection de Jésus, et convertit un grand nombre de Juifs à la foi chrétienne (ibid ii, 14-41). Il fut le premier des Apôtres à accomplir publiquement un miracle, quand, montant au Temple avec Jean, il guérit le lépreux à la Belle Porte. Aux gens qui s'attroupent, étonnés, autour des deux Apôtres, il fait un long sermon sous le Porche de Salomon, et gagne de nouveaux membres au troupeau des croyants (ibid, iii, 1-IV,4).

Dans la comparution des deux Apôtres qui s'ensuit devant le Grand Conseil des Juifs, Pierre défend sans découragement et de façon persuasive la cause de Jésus et l'obligation de liberté des Apôtres pour prêcher l'Evangile (ibid; IV, 5-21). Quand Ananias et Sapphira tentent de tromper les Apôtres et le peuple, Pierre apparaît comme juge de leur action, et Dieu exécute la sentence de punition rendue par l'Apôtre en frappant de mort subite les deux coupables (ibid,V, 1-11). Par de nombreux miracles, Dieu confirme l'activité apostolique des confesseurs du Christ, et ici aussi il y a une mention spéciale de Pierre, puisqu'il est rapporté que les habitants de Jérusalem et des villes environnantes amenaient leurs malades sur leurs lits dans les rues pour que l'ombre de Pierre pût tomber sur eux afin de les guérir (ibid.,v,12-16). Le nombre toujours croissant des croyants conduisit le Suprême Conseil des Juifs à adopter de nouvelles mesures contre les Apôtres, mais "Pierre et les Apôtres" répondirent qu'ils devaient "obéir à Dieu avant d'obéir aux hommes" (ibid.,v,29 sqq). Pierre ne travailla pas seulement à remplir la mission que lui avait confiée son Maître pour Jérusalem: Il établit aussi des relations avec les autres commnautés chrétiennes de Palestine, et prêcha l'Evangile aussi bien à Jérusalem que dans les contrées situées plus loin au nord. Quand Philippe le Diacre eut conquis de nombreux croyants en Samarie, Pierre et Jean s'y rendirent en députation depuis Jérusalem pour organiser la communauté et invoquer l'Esprit Saint afin qu'il descende sur les croyants. Pierre apparaît une seconde fois comme juge, dans le cas de Simon le Magicien, qui avait souhaité acheter aux apôtres le pouvoir d'invoquer lui aussi l'Esprit Saint (ibid,viii,14-25). Sur le chemin du retour vers Jérusalem, les deux Apôtres prêchaient la bonne nouvelle du Royaume de Dieu. Par la suite, après le départ de Paul de Jérusalem et sa conversion sur le chemin de Damas, les communautés chrétiennes de Palestine furent laissées en paix par le conseil des Juifs.

Pierre entreprit alors une tournée missionnaire, qui le conduisit vers les cités maritimes, Lydda, Joppé et Césarée. A Lydda il guérit Enéas le paralytique, à Joppé il releva Tabitha (Dorcas) de la mort; et à Césarée, instruit par une vision qu'il avait eue à Joppé, il baptisa et reçut dans l'Eglise les premiers Chrétiens non-Juifs, le centurion Cornelius et sa famille (ibid,ix,31-x,48). Au retour de Pierre à Jérusalem un peu plus tard, les Chrétiens strictement Juifs, qui regardaient la complète observance de la Loi Juive comme s'appliquant à tous, lui demandèrent pourquoi il était entré et avait mangé dans la maison des incirconcis. Pierre parla de sa vision et défendit son action, qui fut ratifiée par les Apôtres et les croyants à Jérusalem (ibid,xi,1-18).

Une confirmation de la position accordée à Pierre par Luc, dans les Actes, est donnée par le témoignage de Saint Paul (Gal.,I,18-20). Après sa conversion et trois années de séjour en Arabie, Paul vint à Jérusalem "pour voir Pierre". Ici, l'apôtre des Gentils désigne clairement Pierre comme la tête autorisée des apôtres de l'Eglise primitive. Le long séjour de Pierre à Jérusalem et en Palestine touchait à sa fin. Hérode Agrippa commença une nouvelle persécution de l'Eglise à Jérusalem; après l'exécution de Jacques, le fils de Zébédée, il fit mettre Pierre en prison, dans l'intention de le faire exécuter après la Pâque juive. Pierre, cependant, fut libéré de façon miraculeuse et, s'étant rendu à la maison de la mère de Jean Marc, où beaucoup de croyants étaient assemblés en prière, il les informa de sa libération des mains d'Hérode, les mandata pour communiquer le fait à Jacques et aux frères, puis quitta Jérusalem pour "un autre lieu" (Actes, 12:1-18). Concernant l'activité de Pierre après cela, nous n'avons plus d'information directe de sources conservées, bien que nous possédions quelques courtes notes de certains épisodes ponctuels de la suite de sa vie.

III. VOYAGES MISSIONNAIRES EN ORIENT; LE CONCILE DES APOTRES

Saint Luc ne nous dit pas où se rendit Pierre après sa libération de la prison de Jérusalem. Par des récits indirects, nous savons qu'il fit ensuite de longs voyages missionnaires en Orient, bien que nous n'ayons pas suffisamment d'indices pour établir une chronologie de ces voyages. Il est certain qu'il resta un certain temps à Antioche; il y est peut-être même retourné plusieurs fois. La communauté chrétienne d'Antioche fut fondée par des Juifs christianisés qui avaient fui Jérusalem à cause de la persécution (ibid,xi,19 sqq). Le séjour de Pierre parmi eux est attesté par l'épisode concernant l'observance des lois et coutumes juives. Comme cette action était entièrement opposée aux principes et à la pratique de Paul, comme pouvant amener la confusion parmi les païens convertis, cet apôtre adressa publiquement un reproche à Pierre, parce que sa conduite indiquait qu'il entendait que les païens convertis devaient devenir des Juifs et accepter la circoncision et les lois Juives. Tout cet incident est une autre preuve de la position d'autorité de Pierre dans l'Eglise primitive, puisque son exemple et sa conduite étaient considérés comme décisifs. Mais Paul, qui vit justement l'inconsistance de la conduite de Pierre et des Judéo-Chrétiens, n'hésita pas à défendre l'immunité des païens convertis vis-à-vis de la Loi Juive.Concernant l'attitude que Pierre adopta ensuite sur cette question, Saint Paul ne nous donne pas d'information explicite. Mais il est hautement probable que Pierre ratifia l'objection de l'apôtre des Gentils, et dès lors se conduisit lui-même envers les Chrétiens d'origine païenne comme il l'avait fait d'abord. Comme principaux opposants à son point de vue dans cette affaire, Paul ne désigne et ne combat dans tous ses écrits que les extrêmistes Judéo-Chrétiens venant "de Jacques" (c-à-d de Jérusalem). Quant à la date de cette question, bien qu'on ne puisse dire avec certitude si elle eut lieu avant ou après le Concile des Apôtres, on peut considérer qu'elle eut lieu probablement après le Concile (voir plus bas). L'ancienne tradition, qui remonte à la fin du deuxième siècle (Origène, "Hom vi in Lucam"; Eusèbe, "Hist.Eccl",III,xxxvi) et affirme que c'est Pierre qui fonda l'Eglise d'Antioche, rapporte qu'il y travailla pendant une longue période, et aussi peut-être qu'il y demeura vers la fin de sa vie et désigna ensuite Evodrius, le premier de la lignée des évêques d'Antioche, comme tête de la communauté. Cette vue ancienne pourrait mieux expliquer la tradition de la fondation de l'Eglise d'Antioche par Saint Pierre.

Il est probable également que Pierre poursuivit sa tâche apostolique dans diverses contrées d'Asie Mineure, car on peut difficilement supposer que la période entière qui va de sa libération de prison au Concile des Apôtres se soit déroulée de façon ininterrompue dans une seule ville, que ce soit Antioche, Jérusalem ou ailleurs. Et puisqu'il a, par la suite, adressé la première de ses Epîtres aux croyants des Provinces du Pont, de Galatie, de Cappadoce et d'Asie, on peut raisonnablement supposer qu'il a personnellement travaillé, au moins dans certaines villes de ces provinces, se dévouant lui-même principalement à la Diaspora. L'Epître, cependant, est de caractère général, et donne peu d'indications de relations personnelles avec ceux à qui elle est adressée. La tradition rapportée par l'évêque Dionysius de Corinthe (in Eusèbe,"Hist.Eccl",II,xxviii) dans sa lettre à l'Eglise de Rome sous le Pape Soter (165-174), affirmant que Pierre (comme Paul) demeura à Corinthe et y établit l'Eglise, ne peut être entièrement rejetée. Même si la tradition n'allait recevoir aucune information quant à l'existence d'un "parti de Céphas", que Paul mentionne entre autre divisions dans l'église de Corinthe (I Co,I,12;III,22), il reste cependant que le séjour de Pierre à Corinthe (même en relation avec la fondation et le gouvernement de l'Eglise par Paul) n'est pas impossible. Que Saint Pierre entreprît divers voyages apostoliques, c'est indubitable à cette époque, sachant, d'autant plus, qu'il ne résidait jamais longtemps à Jérusalem, la chose est clairement établie par les remarques générales de Saint Paul (1Co,IX,5) sur la question du "reste des Apôtres, et des frères du Seigneur, et Céphas", qui voyageaient partout dans l'exercice de leur Apostolat.

Pierre revint occasionnellement vers l'Eglise Chrétienne de Jérusalem, dont la direction avait été confiée à Saint Jacques, le parent de Jésus, après le départ du Prince des Apôtres (A.D 42-44). La dernière mention de Saint Pierre dans les Actes (xv,1-29; cf Gal,ii,1-10) apparaît dans le rapport du Concile des Apôtres à l'occasion de l'une de ses visites. En conséquence des ennuis causés par des Chrétiens Juifs extrémistes d'Antioche à Paul et Barnabé, l'Eglise de cette ville envoya ces deux Apôtres avec d'autres envoyés à Jérusalem pour arrêter une décision définitive concernant les obligations des païens convertis. En plus de Jacques, Pierre et Jean se trouvaient alors à Jérusalem (A.D 50-51). Dans la discussion et la résolution de cette question importante, Pierre exerça naturellement un rôle décisif. Quand une grande divergence de vues se manifesta dans l'assemblée, Pierre prononça les paroles décisives. Bien avant, en accord avec le témoignage de Dieu, il avait annoncé l'Evangile aux païens (conversion de Cornelius et de sa maison); pourquoi alors chercher à placer le joug des Juifs sur le cou des païens convertis? Après que Paul et Barnabé eurent rapporté comment Dieu avait opéré parmi les Gentils chez qui ils se trouvaient, Jacques, le chef réprésentant des Chrétiens Juifs, adopta le point de vue de Pierre et, en accord avec lui, il fit des propositions qui furent exprimées dans une encyclique adressée aux païens convertis.

Les événements de Césarée et d'Antioche et le débat du Concile de Jérusalem montrent clairement l'attitude de Pierre envers les convertis du paganisme. Comme les onze autres Apôtres originaux, il se considérait comme appelé à prêcher la Foi en Jésus parmi les Juifs (Actes, X,42), si bien que le peuple élu de Dieu pouvait partager le salut du Christ, qui lui avait été initialement promis et qui était sorti du milieu d'eux. La vision à Joppé et l'effusion de l'Esprit Saint sur les païens convertis, Cornelius et les siens, engagèrent Pierre à admettre cette extension de la communauté des croyants, sans leur imposer la Loi juive. Durant ses séjours apostoliques hors de Palestine, il reconnut en pratique l'égalité des Juifs et des païens convertis, comme sa conduite originale à Antioche le prouve. Sa réserve envers les Gentils convertis, loin de toute considération pour les Chrétiens Juifs de Jérusalem, n'était en aucune façon une reconnaissance des vues des Judaïsants extrémistes, qui étaient si opposés à Saint Paul. Cela est établi clairement et indiscutablement par son attitude au Concile de Jérusalem. Entre Pierre et Paul il n'y avait pas de différence dogmatique dans la conception du salut pour les Chrétiens, Juifs ou Gentils. La reconnaissance de Paul comme Apôtre des Gentils (Gal.,II,1-9) était parfaitement sincère, et exclut toute question de divergence de vues fondamentale. Saint Pierre et les autres Apôtres reconnurent les convertis du paganisme comme des frères Chrétiens sur un pied d'égalité; Chrétiens Juifs et Gentils formaient un seul Royaume du Christ. Si pourtant Pierre voua l'essentiel de son activité apostolique aux Juifs, cela venait d'abord de considérations pratiques, et de la position d'Israël comme peuple élu. L'hypothèse de Baur d'opposer des courants de "Pétrinisme" et "Paulinisme" dans l'Eglise primitive est intenable, et elle est aujourd'hui entièrement rejetée par les Protestants.

IV. ACTIVITE ET MORT A ROME. LIEU DE SEPULTURE

Il est un fait historique indiscutablement établi que Saint Pierre oeuvrait à Rome dans la dernière période de sa vie, et que là prit fin son parcours terrestre dans le martyre. Quant à la durée de son activité apostolique dans la capitale Romaine, la continuité ou non de sa résidence dans cette ville, les détails et les succès de ses travaux, et la chronologie de son arrivée et de sa mort, toutes ces questions sont incertaines, et peuvent être résolues seulement par des hypothèses plus ou moins fondées. Le fait essentiel est que Pierre mourut à Rome: Cela constitue le fondement historique de la revendication des évêques de Rome à la Primauté Apostolique de Pierre.

La résidence de Saint Pierre et sa mort à Rome sont établies contre toute contestation comme des faits historiques par une série de témoignages distincts qui s'étendent de la fin du premier siècle à la fin du deuxième siècle, et venant de différents pays.

- Que la manière, et donc le lieu de sa mort, aient pu être connus dans de larges cercles Chrétiens à la fin du premier siècle, cela est clairement établi par la remarque insérée dans l'Evangile de Saint Jean concernant la prophétie du Christ disant que Pierre Lui était attaché et irait là où il ne voudrait pas. -- "Il dit cela pour signifier de quelle mort il allait glorifier Dieu" (Jn,xxi,18-19, voir plus haut). Une telle remarque présuppose que le lecteur du quatrième Evangile ait connaissance de la mort de Pierre.

- La Première Epître de Saint Pierre fut écrite presque indubitablement de Rome, d'après la salutation sur laquelle elle se termine. "L'église qui est dans Babylone, élue avec vous, vous salue, et ainsi le fait mon frère Marc" (v,13). Babylone doit être ici identifiée à la capitale Romaine, puisque ni Babylone sur l'Euphrate, qui était en ruines, ni la nouvelle Babylone (Séleucie) sur le Tigre, ou la Babylone Egyptienne près de Memphis, ni Jérusalem ne pouvant être désignées, la référence doit être Rome, la seule ville qui soit appelée Babylone dans la première littérature Chrétienne (Apoc.,xvii,5;xviii,10; "Oracula Sybil", V, versets 143 et 159, ed. Geffcken, Leipzig,1902,111).

- De l'évêque Papias de Hierapolis et de Clément d'Alexandrie, qui tous les deux font référence au témoignage des anciens (c-à-d les disciples des Apôtres), nous apprenons que Marc écrivit son Evangile à Rome sur la requête des Chrétiens Romains, qui désiraient un témoignage écrit de la doctrine qui leur avait été prêchée par Saint Pierre et ses disciples (Eusèbe, "Hist.Eccl",II,xv,III,xl; vi, xiv); ceci est confirmé par Irénée (Adv.haer,III,i). A propos de cette information concernant l'Evangile de Marc, Eusèbe, s'appuyant peut-être sur des sources plus anciennes, dit que Pierre décrivait Rome figurativement comme étant Babylone dans sa première Epître.

- Un autre témoignage concernant le martyre de Pierre et de Paul est fourni par Clément de Rome dans son Epître aux Corinthiens (écrit environ en 95-97), dans laquelle il dit: "A travers l'acharnement et la ruse, les plus grands et les plus justes soutiens [de l'Eglise] ont souffert la persécution et la mise à mort. Ayons devant les yeux le bon Apôtre Saint Pierre qui, en conséquence d'un zèle insigne, a enduré non une ou deux, mais de nombreuses souffrances et, nous ayant ainsi rendu témoignage, est entré dans une gloire méritée." Il mentionne ensuite Paul et un certain nombre d'élus qui s'étaient rassemblés avec les autres et souffrirent le martyre "au milieu de nous" (en chemin, c-à-d, parmi les Romains, le sens de cette expression portant aussi sur le chapitre IV). Il parle sans aucun doute, comme la totalité du passage le prouve, de la perséuction de Néron, et fait ainsi référence au martyre de Pierre et de Paul à cette époque.

- Dans sa lettre écrite au début du second siècle (avant 117), pendant qu'il est conduit à Rome pour y souffrir le martyre, le vénérable évêque Ignace d'Antioche tente par tous les moyens d'empêcher les Chrétiens Romains de se battre pour obtenir son pardon, faisant remarquer: "Je ne vous donne pas d'ordre, comme Pierre et Paul: ils étaient des Apôtres, tandis que je ne suis qu'un captif" (Ad.Rom,iv). Le sens de cette remarque est que les deux Apôtres travaillèrent personnellement à Rome, et y prêchèrent l'Evangile avec l'autorité apostolique.

- L'évêque Dionysius de Corinthe, dans sa lettre à l'Eglise Romaine au temps du Pape Soter (165-174), dit: "Vous avez ainsi, par vos exhortations pressantes, lié ensemble les semences de Pierre et Paul à Rome et à Corinthe. Car tous deux ont planté les racines de l'Evangile aussi à Corinthe, et ensemble ils nous ont instruits, juste comme ils ont, de la même façon, enseigné au même endroit en Italie et souffert en même temps le martyre" (In Eusèbe, "Hist.Eccl.",II,xxviii).

- Irénée de Lyon, natif d'Asie Mineure et disciple de Polycarpe de Smyrne (un disciple de Jean), passa un temps considérable à Rome peu après le milieu du second siècle, puis se rendit à Lyon, où il devint évêque en 177; il décrivait l'Eglise Romaine comme la plus importante et la conservatrice de la tradition Apostolique, comme "la plus grande et la plus ancienne Eglise, connue de tous, fondée et organisée à Rome par les deux plus glorieux Apôtres, Pierre et Paul" (Adv. haer.,III,iii; cf III,i) Il fait ainsi usage du fait universellement connu et reconnu de l'activité apostolique de Pierre et Paul à Rome, pour y trouver une preuve de tradition contre les hérétiques.

- Dans ses "Hypothèses" (Eusèbe, "Hist.Eccl.",IV,xiv), Clément d'Alexandrie, maître de l'école de catéchisme de cette ville aux environs de l'an 190, affirme sur la foi de la tradition des presbytres: "Après que Pierre eut annoncé la Parole de Dieu dans Rome et prêché l'Evangile dans l'esprit de Dieu, la multitude d'auditeurs demanda à Marc, qui avait longtemps accompagné Pierre dans tous ses voyages, d'écrire ce que les Apôtres leur avaient enseigné" (voir plus haut)

- Comme Irénée, Tertulien, dans ses écrits contre les hérétiques, considère la preuve de la vérité de la tradition apostolique comme étant fournie par les travaux apostoliques de Pierre et Paul à Rome. Dans "De Praescriptione",xxxv, il dit: "Si tu es près de l'Italie, hâte-toi vers Rome où se trouve toujours l'autorité que tu cherches. Quelle chance a cette Eglise pour laquelle les Apôtres ont versé tout leur enseignement avec leur propre sang, où Pierre a reproduit la Passion du Seigneur, où Paul fut couronné par la mort de Jean" (le Baptiste). Dans "Scorpiace",xv, il parle aussi de la crucifixion de Pierre: "C'est la foi bourgeonnante que Néron fit saigner d'abord à Rome. Là, Pierre fut ceint par quelqu'un d'autre, puisqu'il fut attaché à la croix". Comme illustration que c'est avec quelque chose d'immatériel qu'est administrée l'eau du baptême, il indique dans son livre ("Sur le Baptême",ch v) qu'il n'y a pas de différence entre ce avec quoi Jean baptisait dans le Jourdain et ce avec quoi Pierre baptisait dans le Tibre, et contre Marcion il en appelle au témoignage des Chrétiens de Rome, "à qui Pierre et Paul ont légué l'Evangile scellé avec leur sang" (Adv Marc,IV,iv)

- Le Romain Caius, qui vivait à Rome au temps du Pape Zephyrin (198-217), écrit dans ses "Dialogues avec Proclus" (in Eusèbe "Hist.Eccl.",II, xxviii) directement contre les Montanistes: "Mais je peux montrer les trophées des Apôtres. Si tu prends la peine d'aller au Vatican ou sur la route d'Ostie, tu trouveras les trophées de ceux qui ont fondé cette Eglise". Par les trophées (tropaia), Eusèbe entend les tombeaux des Apôtres, mais son point de vue est contesté par les investigateurs modernes qui croient qu'il désigne le lieu d'exécution. Pour notre propos, il n'importe pas de savoir quelle opinion est correcte, car le témoignage garde sa pleine valeur dans les deux cas. De toute façon les lieux d'exécution et de sépulture étaient voisins; Saint Pierre, qui fut exécuté au Vatican, y fut aussi enterré. Eusèbe se réfère aussi à l'Inscription des noms de Pierre et Paul, "qui ont été préservés jusqu'à ce jour sur le lieu de leur sépulture là-bas" (c-à-d à Rome).

- Ainsi il existait à Rome un ancien mémorial épigraphique commémorant la mort des Apôtres. La notice obscure du Fragment Muratorien ("Lucas optime theofile conprindit quia sub praesentia eius singula gerebantur sicuti et semote passionem petri evidenter declarat", et Preschen, Tubingen, 1910, p.29) présuppose aussi une ancienne tradition concernant la mort de Pierre à Rome.

- Les Actes apocryphes de Saint Pierre et les Actes des saints Pierre et Paul, de même, appartiennent à la série de témoignages sur la mort des deux Apôtres à Rome.

En opposition à ces différents quoiqu'unanimes témoignages de la Chrétienté primitive, quelques historiens Protestants ont tenté récemment de considérer le séjour et la mort de Pierre à Rome comme une légende. Ces tentatives ont abouti à un échec total. Il fut affirmé que la tradition concernant le séjour de Pierre à Rome fut d'abord initiée dans les cercles Ebionites, et faisait partie de la légende de Simon le Magicien, dans laquelle Paul est opposé à Pierre comme un faux apôtre de Simon; juste quand cette querelle fut transplantée à Rome, apparut aussitôt la légende de l'activité de Pierre dans cette capitale (ainsi chez Baur "Paulus",2nd ed.,245 sqq, suivit par Hase et particulièrement Lipsius "Die quellen der romischen Petrussage", Kiel, 1872). Mais il est prouvé que cette hypothèse est fondamentalement intenable de par le caractère et l'importance purement locale de l'Ebionitisme; et elle est directement réfutée par les témoignages authentiques et entièrement indépendants mentionnés ci-desssus, qui sont au moins aussi anciens. Elle a de plus été à présent entièrement abandonnée par les historiens Protestants sérieux (cf p.ex Harnack "Gesch. der altchristl. literatur",II,i,244,n.2) Une tentative plus récente fut faite par Erbes (Zeitschr. fur Kirchengesch., 1901, pp 1 sqq, 161 sqq) de démontrer que Saint Pierre fut martyrisé à Jérusalem. Il invoque les deux apocryphes Actes de Saint Pierre, dans lesquels deux Romains, Albinus et Agrippa, sont mentionnés comme persécuteurs des Apôtres. Il les identifie avec Albinus, procurateur de Judée, et successeur de Festus, et Agrippa II, Prince de Galilée, et ainsi il conclut que Pierre fut condamné à mort et sacrifié par ce procurateur à Jérusalem. L'invraisemblance de cette hypothèse apparaît immédiatement par le simple fait que notre plus ancien témoignage concernant la mort de Pierre à Rome précède de loin les Actes apocryphes; en outre, jamais, à travers toute l'antiquité chrétienne, aucune autre cité que Rome n'a été désignée comme le lieu de martyre des saints Pierre et Paul.

Bien que le fait de l'activité et de la mort de Saint Pierre à Rome soit clairement établi, nous ne possédons pas d'information précise sur les détails de ce séjour Romain. Les récits contenus dans la littérature apocryphe du second siècle concernant la querelle supposée entre Pierre et Simon le Magicien appartiennent au domaine de la légende. A partir des faits déjà mentionnés concernant l'origine de l'Evangile de Saint Marc nous pouvons conclure que Pierre avait oeuvré dans Rome pendant une longue période. Cette conclusion est confirmée par les voix unanimes de la tradition qui, dès la seconde moitié du deuxième siècle, désignent le Prince des Apôtres comme le fondateur de l'Eglise Romaine. Il est généralement admis que Pierre fit une visite à Rome après qu'il eut été miraculeusement libéré de la prison de Jérusalem; que par "un autre lieu" Luc signifiait Rome, mais omit le nom pour quelque raison particulière. Il n'est pas impossible que Pierre fît un voyage missionnaire à Rome à cette époque (après l'an 42) mais un tel voyage ne peut être établi avec certitude. En tout cas, nous ne pouvons soutenir cette théorie sur la base des notes chronologiques d'Eusèbe et de Jérôme, puisque, bien que ces notes remontent jusqu'aux chroniques du troisième siècle, elles ne sont pas d'anciennes traditions, mais résultent de conjectures fondées sur des listes épiscopales. Dans la liste des évêques de Rome datée du deuxième siècle, il fut introduit dans le courant du troisième siècle (comme nous l'avons appris d'Eusèbe et du "Chronographe de 354") l'indication d'un pontificat de Saint Pierre durant vingt-cinq ans, mais nous sommes incapables d'en tracer l'origine. Ce document ne nous offre donc aucune base de preuve pour l'hypothèse d'une première visite à Rome de Pierre après sa libération de prison (environ en 42). C'est pourquoi nous pouvons admettre cette visite à Rome uniquement comme hypothèse.

La tâche visant à déterminer l'année de la mort de Pierre se heurte aux mêmes difficultés. Au quatrième siècle, et même dans les chroniques du troisième, nous trouvons deux inscriptions distinctes. Dans sa "Chronique", Eusèbe donne la treizième ou la quatorzième année du règne de Néron comme celle de la mort de Pierre et de Paul (67-68); cette date, acceptée par Jérôme, est celle qui est généralement retenue. L'année 67 est aussi corroborée par le fait, aussi accepté par Eusèbe et Jérôme, que Pierre vint à Rome sous l'empereur Claude (selon Jérôme, en 42), et par la tradition ci-dessus mentionnée d'un épiscopat de Pierre durant 25 ans (cf Bartolini, "Sopra l'anno 67 se fosse quelle del martirio dei gloriosi Apostoli", Rome, 1868). Un calcul différent est fourni par le "Chronogrape de 354" (ed. Duchesne, "Liber Pontificalis",I,1,sqq). Il se réfère à l'arrivée de Pierre à Rome en l'an 30, et sa mort et celle de Paul en 55.

Duchesne a montré que les dates du "Chronographe" étaient insérées dans une liste de papes qui contient seulement leurs noms et la durée de leurs pontificats, et qu'alors, sur la supposition chronologique que l'année de la mort du Christ serait l'an 29, l'an 30 fut inséré comme le début du pontificat de Pierre, et sa mort calculée en 55 sur la simple hypothèse d'un pontificat de 25 ans (op.cit.introd.,vi, sqq). Cette date a cependant été récemment défendue par Kellner ("Jesus von Nazareth u. seine Apostel im Rahmen der Zeitgeschichte", Ratisbonne,1908; "Tradition geschicht Bearbeitung u. Legende in der Chronologie des apostol. Zeialters", Bonn,1909). D'autres historiens ont accepté l'an 65 (p.ex Bianchini dans son édition du « Liber Pontificalis », in P.L CXXVII. 435 sqq) ou 66 (p.ex Foggini, "De romani b.Petri intinere et episcopatu", Florence, 1741); et aussi Tillemont. Harnack tenta d'établir l'an 64 (c-à-d. le début de la persécution de Néron) comme celui de la mort de Pierre ("Gesch. der altchristl. Lit. bis Eusebius",pt II, "Die Chronologie",I,240,sqq). Cette date, qui a déjà été soutenue par Cace, du Pin et Wieseler, a été acceptée par Duchesne ("Histoire ancienne de l'Eglise",I,64). Erbes date la mort de Pierre du 22 février 63, celle de Paul en 64 ("Texte u. Untersuchungen", new series, IV, i, Leipzig, 1900, "Die Todestage der Apostel Petrus u. Paulus u. ihre rom. Denkmaeler"). La date de la mort de Pierre, ainsi, n'est pas encore décidée; la période comprise entre juillet 64 (début de la persécution de Néron) et le début de 68 (le 9 juillet Néron s'enfuit de Rome et se suicida) doit être laissée ouverte pour situer sa mort. Le jour de son martyre est aussi inconnu; le 29 juin, date acceptée pour sa fête depuis le quatrième siècle, ne peut être prouvé comme étant le jour de sa mort (voir plus bas).

Concernant la façon dont Pierre est mort, nous possédons une tradition, attestée par Tertullien à la fin du deuxième siècle (voir plus haut) et par Origène (dans Eusèbe, "Hist.Eccl",II,i), affirmant qu'il souffrit la crucifixion. Origène dit: "Pierre fut crucifié à Rome la tête en bas, tel qu'il avait lui-même souhaité souffrir". Le lieu de son exécution peut être accepté avec une grande probabilité comme situé dans les jardins Néroniens de la colline du Vatican, puisque c'est là, suivant Tacite, qu'avaient généralement lieu les scènes atroces des persécutions néroniennes; et dans ce quartier, à proximité de la Via Cornelia et au pied des collines du Vatican, le Prince des Apôtres trouva sa sépulture. Au troisième siècle, déjà, Caïus parle de cette tombe (puisque le mot tropaion était, comme nous l'avons déjà fait remarquer, justement entendu au sens de tombe). Pour un temps, les cendres de Pierre reposèrent avec celles de Paul dans un caveau de la voie Appienne au lieu-dit ad Catacumbas, où se dresse aujourd'hui l'église Saint-Sébastien (qui dès son érection au quatrième siècle fut dédiée aux deux Apôtres). Les cendres y ont probalement été amenées au début de la persécution de Valérien en 258, pour les protéger contre les menaces de profanation dont étaient victimes les tombes chrétiennes lorsqu'elles furent confisquées. Elles furent plus tard restaurées à leur lieu d'origine, et Constantin le Grand avait érigé une magnifique basilique au-dessus de la tombe de Saint Pierre, au pied de la colline du Vatican. Cette basilique fut remplacée par l'actuelle basilique Saint-Pierre au seizième siècle. Le caveau et l'autel construit au-dessus (confessio) est, depuis le quatrième siècle, le plus grand lieu de pèlerinage aux martyrs d'Occident. Dans la sous-structure de l'autel, au-dessus du tombeau contenant le sarcophage où reposent les cendres de Saint Pierre, on construisit une cavité. Elle était fermée par une petite porte placée devant l'autel. En ouvrant cette porte, le pèlerin pouvait se réjouir du grand privilège de s'agenouiller directement devant le sarcophage de l'Apôtre. Des clefs de cette porte étaient données comme d'anciens souvenirs (cf Grégoire de Tours, "De gloria martyrum",I,xxviii). La mémoire de Saint Pierre est aussi étroitement associée à la Catacombe de Sainte Priscille sur la Via Salaria. Selon une tradition courante dans l'antiquité chrétienne, Saint Pierre y instruisait les croyants et y administrait le baptême. Cette tradition semble avoir été basée sur des témoignages encore plus anciens. La Catacombe est située sous le jardin d'une villa de l'ancienne famille chrétienne et sénatoriale, les Acilii Glabriones, et sa fondation remonte à la fin du premier siècle, et puisque Acilius Glabrio (q.v) consul en 91, fut condamné à mort sous Domitien au motif qu'il était chrétien, il est très possible que la foi chrétienne de la famille remontât aux temps apostoliques, et qu'elle ait offert l'hospitalité au Prince des Apôtres durant son séjour à Rome. Les relations entre Pierre et Pudens, dont la maison se tenait sur le site de l'actuelle église titulaire de Pudens (maintenant Santa Pudentiana) semblent, elles, plutôt tenir de la légende.

Concernant les Epîtres de Pierre, voir cet arcticle; concernant les différents apocryphes portant le nom de Pierre, spécialement l'apocalypse et l'Evangile de Pierre, voir Apocryphes. Le sermon apocryphe de Pierre (kerygma) datant de la seconde moitié du second siècle, était probalement un recueil de supposés sermons de l'Apôtre, dont plusieurs fragments sont retenus par Clément d'Alexandrie. (cf. Dobschuts, "Das Kerygma Petri kritisch untersucht" in "Texte u. Untersuchungen", XI, i, Leipzig, 1893).

V. FETES DE SAINT PIERRE

Dès le quatrième siècle, une fête était célébrée en mémoire des Saints Pierre et Paul le même jour, bien que le jour n'en fût pas le même en Orient et à Rome. Le Martyrologe syrien de la fin du quatrième siècle, qui est un extrait du catalogue grec des saints d'Asie Mineure, donne les fêtes suivantes en relation avec celle de Noël (25 dec) : 26 Dec. St Etienne, 27 Dec. Saint Jacques et Saint Jean; 28 Dec, saints Pierre et Paul. Dans le panégyrique de Saint Grégoire de Nysse sur Saint Basile nous apprenons aussi que ces fêtes des Apôtres et de Saint Etienne suivent immédiatement Noël. Les Arméniens célébraient cette fête aussi le 27 décembre, les Nestoriens le deuxième vendredi suivant l'épiphanie. Il est évident que le 28(27) décembre était (comme le 26 décembre pour Saint Etienne) choisi arbitrairement, nulle tradition concernant la date de mort des saints ne venant le justifier. La fête majeure des saints Pierre et Paul était célébrée à Rome le 29 juin dès le troisième ou quatrième siècle. La liste des fêtes de martyrs dans le Chronoghraphe de Philocalus ajoute cette note à la date : "III. Kal. Jul. Petri in Catacumbas et Pauli Ostiense Tusco et Basso Cose." (=l'an 258). Le "Martyrologium Hieronyminanum" porte, à Berne, l'indication du 29 juin. "Romae via Aurelia natale sanctorum Apostolorum Petri et Pauli, Petri in Vaticano, Pauli in via Ostiensi, utrumque in catacumbas, passi sub Nerone, Basso et Tusco consulibus" (éd. de Rossi-Duchesne, 84).

La date 258 dans les notes montre que déjà en cette année-là la mémoire des deux Apôtres était célébrée le 29 juin sur la Via Appia Ad Catacumbas (près de Saint-Sébastien-hors-les-murs) parce qu'à cette date les cendres des Apôtres y furent transférées (voir plus haut). Plus tard, peut-être lors de la construction de l'église sur les tombes du Vatican et de la Via Ostiensis, les cendres furent restaurées à leur place initiale: Pierre dans la Basilique du Vatican et Paul dans l'église de la Via Ostiensis. Sur le lieu-dit Ad Catacumbas, une église fut aussi construite dès le quatrième siècle en l'honneur des deux Apôtres. Depuis 258 leur fête principale a été conservée le 29 juin, date à laquelle un Service Divin solennel était tenu dans les trois Eglises sus-mentionnées depuis les temps anciens (Duchesne, "Origines du culte chrétien", 5th ed., Paris, 1909, 271 sqq., 283 sqq.; Urbain, "Ein Martyrologium der christl. Gemeinde zu Rom an Anfang des 5. Jahrh.", Leipzig, 1901, 169 sqq.; Kellner, "Heortologie", 3rd ed., Freiburg, 1911, 210 sqq.). Une légende tenta d'expliquer l'occupation temporaire par les Apôtres de la tombe Ad catacumbas en supposant que, peu après leur mort, les Chrétiens d'Orient avaient souhaité dérober leurs corps pour les ramener en Orient. Cette histoire est évidemment un produit de légendes populaires.

Une troisième fête romaine des Apôtres a lieu le 1er Aout: La fête des Chaînes de Pierre. Cette fête était originellement la dédicace de l'église de l'Apôtre, érigée sur la Colline Esquiline au quatrième siècle. Un prêtre titulaire de l'église, Philippe, fut légat du pape au concile d'Ephèse en 431. L'église fut reconstruite par Sixte III(432-440) aux frais de la famille impériale Byzantine. Ou bien la consécration solennelle eut lieu le 1er Août, ou bien c'était le jour de la dédicace de l'ancienne église. Peut-être ce jour fut-il choisi pour remplacer les fêtes païennes qui se déroulaient le 1er Août. Dans cette église, qui est toujours debout (San Pietro in Vincoli) étaient probablement conservées au quatrième siècle les Chaînes de Saint Pierre, qui étaient tenues en grande vénération, les petits plombages des chaînes étant considérés comme de précieuses reliques. L'église reçut ainsi très tôt le nom in Vinculis, et la fête du 1er août devint la fête des chaînes de Saint Pierre (Duchesne, op. cit., 286 sqq.; Kellner, loc. cit., 216 sqq.). La mémoire des deux saints Pierre et Paul fut ensuite associée aussi à deux sites de la Rome antique: la Via Sacra, à l 'extérieur du forum, où Simon le magicien est censé avoir été terrassé sur la prière de Pierre, et la prison Tullianum, ou Carcer Mamertinus, où les Apôtres sont censés avoir été détenus jusqu'à leur exécution. En ces deux endroits aussi, un mémorial des Apôtres fut érigé, et celui de la prison Mamertine existe toujours, presque dans sa forme originale des premiers temps Romains. Ces commémorations locales des Apôtres sont basées sur des légendes, et nulle célébration spéciale n'a lieu dans ces deux églises. Il n'est cependant pas impossible que Pierre et Paul eussent été réellement enfermés dans la prison centrale de Rome au fort du Capitole, dont l'actuel Carcer Mamertinus est une résurgence.

VI. REPRESENTATIONS DE SAINT PIERRE

La plus ancienne représentaion existante de Saint Pierre est un médaillon de bronze avec la tête des Apôtres; il date de la fin du second ou le début du troisième siècle, et il est conservé au musée Chrétien de la Bibliothèque du Vatican. Pierre a une tête forte et ronde, la mâchoire proéminente, le front dégarni, des cheveux et une barbe épais et bouclés. Les traits sont si prononcés qu'ils ont quelque chose d'un portrait. Ce modèle se trouve aussi dans deux représentations de Saint Pierre dans une chambre de la Catacombe de Pierre et Marcellin qui date de la seconde moitié du troisième siècle (Wilpert, "Die Malerein der Katakomben Rom", planches 94 et 96). Dans les peintures des catacombes, les Saints Pierre et Paul apparaissent fréquemment comme intercesseurs et avocats pour les morts dans les représentations du Jugement Dernier (Wilpoert, 390 sqq) et introduisant une orante (une figure de prière représentant le mort) au Paradis.

Dans les nombreuses représentations du Christ au milieu de Ses Apôtres, qui apparaissent sur les peintures des catacombes et gravées sur les sarcophages, Pierre et Paul occupent toujours la place d'honneur à la droite et à la gauche du Sauveur. Dans les mosaïques des Basiliques romaines, allant du quatrième au neuvième siècle, le Christ apparaît comme la figure centrale, avec les saints Pierre et Paul à Sa droite et Sa gauche, et à côté de ceux-là les saints spécialement vénérés dans l'église considérée. Sur les sarcophages et les autres mémoriaux apparaissent des scènes de la vie de Saint Pierre: sa marche sur le lac de Gennésareth, quand le Christ l'appela à descendre du bateau; la prophétie de son reniement; le lavement de ses pieds; la résurrection des morts de Tabitha; la capture de Pierre et sa marche vers le lieu de son exécution. Sur deux mosaïques dorées il est représenté comme Moïse tirant les eaux de la roche avec sa baguette; le nom Pierre sous la scène montre qu'il est regardé comme le guide du peuple de Dieu dans le Nouveau Testament.

Particulèrement fréquente dans la période comprise entre le quatrième et le sixième siècle est la scène de la remise de la Loi à Pierre, qui apparaît sur différents types de monuments: le Christ tend à Saint Pierre un rouleau plié ou ouvert, sur lequel figure souvent l'inscription Lex Domini (La Loi du Seigneur) ou Dominus legem dat ("Le Seigneur donne la Loi"). Dans le mausolée de Constantin à Rome (S. Costanza, dans la Via Nomentana) cette scène est donnée en parallèle de la remise de la Loi à Moïse. Dans les représentations des sarcophages du cinquième siècle, le Seigneur présente à Pierre (au lieu du rouleau) les Clefs. Dans les sculptures du quatrième siècle Pierre tient souvent à la main un bâton (après le cinquième siècle, une croix avec un long manche, portée par l'Apôtre sur son épaule), comme une sorte de sceptre indiquant la charge de Pierre. Depuis la fin du sixième siècle il est remplacé par les clefs (généralement deux, parfois trois) qui devinrent, depuis, les attributs de Pierre. Même la célèbre et grandement vénérée statue de bronze de la basilique Saint Pierre les possède; cette représentation de l'Apôtre, la plus connue, date de la dernière période de l'antiquité chrétienne (Grisar, "Analecta romana", I, Rome, 1899, 627 sqq.).


BIRKS Studies of the Life and character of St. Peter (Londres, 1887), TAYLOR, Peter the Apostle, nouv.éd. par BURNET AND ISBISTER (Londres, 1900); BARNES, St. Peter in Rome and his Tomb on the Vatican Hill (Londres, 1900): LIGHTFOOT, Apostolic Fathers, 2nd ed., pt. 1, VII. (Londres, 1890), 481sq., St. Peter in Rome; FOUARD Les origines de l'Eglise: St. Pierre et Les premières années du christianisme (3e éd., Paris 1893); FILLION, Saint Pierre (2e éd. Paris, 1906); collection "Les Saints"; RAMBAUD, Histoire de St. Pierre apôtre (Bordeaux, 1900); GUIRAUD, La venue de St Pierre à Rome in Questions d'hist. et d'archéol. chrét. (Paris, 1906); FOGGINI, De romano D. Petr; itinere et episcopatu (Florence, 1741); RINIERI, S. Pietro in Roma ed i primi papi secundo i piu vetusti cataloghi della chiesa Romana (Turin, 19O9); PAGANI, Il cristianesimo in Roma prima dei gloriosi apostoli Pietro a Paolo, e sulle diverse venute de' principi degli apostoli in Roma (Rome, 1906); POLIDORI, Apostolato di S. Pietro in Roma in Civiltà Cattolica, série 18, IX (Rome, 1903), 141 sq.; MARUCCHI, Le memorie degli apostoli Pietro e Paolo in Roma (2nd ed., Rome, 1903); LECLER, De Romano S. Petri episcopatu (Louvain, 1888); SCHMID, Petrus in Rome oder Aufenthalt, Episkopat und Tod in Rom (Breslau, 1889); KNELLER, St. Petrus, Bischof von Rom in Zeitschrift f. kath. Theol., XXVI (1902), 33 sq., 225sq.; MARQUARDT, Simon Petrus als Mittel und Ausgangspunkt der christlichen Urkirche (Kempten, 1906); GRISAR, Le tombe apostoliche al Vaticano ed alla via Ostiense in Analecta Romana, I (Rome, 1899), sq.

J.P. KIRSCH
Tiré de "Catholic Encyclopedia", copyright © 1913 by the Encyclopedia Press, Inc. Traduction française : Bertrand Blochet, 1999.