St Zosime Ier (417 - 418)

Tirée du Catholic Encyclopedia, Londres, 1913
St Zosime Ier

Son année de naissance est inconnue; il est décédé le 27 décembre 418. Après la mort du pape Innocent Ier le 12 mars 417, Zosime fut élu pour lui succéder. D'après le Liber Pontificalis, Zosime était Grec et le nom de son père était Abram. Harnack (Sitzungsberichte der Berliner Akademie, 1904, 1050) espérait déduire de son nom que sa famille était d'origine juive, mais les affirmations du Liber Pontificalis concernant les familles des papes de cette époque ne peuvent pas toujours être considérées comme exactes (Duchesne, "Histoire ancienne de l'Eglise", 111, 228, note). On ne connaît rien de la vie de Zosime avant son élévation au siège papal. Sa consécration comme évêque de Rome eut lieu le 18 mars 417. Patrocle, l'évêque d'Arles, assista à la fête après qu'il eut été élevé à ce siège en remplacement de l'évêque Hero, qui avait été déposé de force et injustement par le général impérial Constantin. Patrocle gagna la confiance du nouveau pape immédiatement; dès le 22 mars, il reçut une lettre papale qui lui conférait les droits de métropolitain sur tous les évêques des provinces gallicanes de Vienne et de Narbonne I et II. De plus il fut nommé comme une sorte de vicaire papal pour toute la Gaule, nul ecclésiastique gallican n'étant autorisé à séjourner à Rome sans emporter avec lui un certificat d'identité délivré par Patrocle.

En l'an 400, Arles se substitua à Trèves comme résidence du chef de gouvernement officiel du diocèse civil de Gaule, le "Prefectus Praetorio Galliarum". Patrocle, qui jouissait du soutien du général Constantin, usa de cette opportunité pour s'assurer la position mentionnée ci-dessus, en gagnant Zosime à ses idées. Les évêques de Vienne, Narbonne et Marseille considéraient cette élévation du siège d'Arles comme une amputation de leurs droits, et soulevèrent des objections qui occasionnèrent plusieurs lettres de Zosime. La dispute, toutefois, ne fut pas réglée avant le pontificat du pape Léon Ier. Peu après l'élection de Zosime, le Pélagien Celestus, qui avait été condamné par le pape précédent, Innocent Ier, vint à Rome pour se justifier devant le nouveau pape, ayant été chassé de Constantinople. A l'été 417, Zosime tint une réunion du clergé romain dans la Basilique St Clément, devant laquelle Celestius se présenta. Les propositions relevées par le diacre Paulinus de Milan, en raison desquelles Celestius avait été condamné à Carthage en 411, furent exposées devant lui. Celestius refusa de condamner ces propositions, déclarant dans le même temps qu'il acceptait la doctrine exposée dans les lettres du pape Innocent et faisant une confession de foi qui fut approuvée. Le pape fut gagné par la conduite astucieusement calculée de Celestius, et dit qu'il n'était pas certain que l'hérétique avait maintenu la fausse doctrine rejetée par Innocent, c'est pourquoi il considéra trop sévère l'action des évêques africains contre Celestius. Il écrivit aussitôt dans ce sens aux évêques des provinces africaines, et enjoignit à ceux qui avaient quoi que ce soit à reprocher à Celestius de se présenter à Rome dans les deux mois. Peu après cela Zosime reçut de Pélage lui aussi une profession de foi savamment exprimée, ainsi qu'un nouveau traité composé par l'hérétique sur le libre arbitre. Le pape tint un nouveau synode du clergé Romain, devant lequel furent lus ces deux écrits. Les expressions adroitement choisies par Pélage cachaient leur contenu hérétique; l'assemblée tint les affirmations pour orthodoxes, et Zosime encore une fois écrivit aux évêques africains pour défendre Pélage et réprouver ses accusateurs, parmi lesquels se trouvaient les évêques gallicans Héro et Lazare. L'archevêque Aurelius de Carthage convoqua rapidement un synode, qui envoya une lettre à Zosime dans laquelle il était prouvé que le pape avait été abusé par les hérétiques. Dans sa réponse, Zosime déclara qu'il n'avait rien arrêté définitivement, et souhaitait ne rien arrêter sans avoir consulté les évêques d'Afrique. Après une nouvelle lettre synodale du concile africain de mai 418, adressée au pape, et après les démarches entreprises par l'empereur Honorius contre les Pélagiens, Zosime reconnut le véritable caractère des hérétiques. Il publia alors son "Tractoria", dans lequel le pélagianisme et ses auteurs étaient condamnés. Ainsi, finalement, l'occupant du Siège Apostolique, au moment voulu, maintint avec toute l'autorité de sa charge le dogme traditionnel de l'Eglise, et protégea la vérité de l'Eglise contre l'erreur.

Peu après cela Zosime fut impliqué dans une controverse avec les évêques africains concernant le droit d'appel au Siège de Rome de la part de clercs qui auraient été condamnés par leur évêque. Quand le prêtre Apiarius de Sicca fut excommunié par son évêque en raison de ses crimes, il en appela directement au pape, sans considération pour la cour d'appel régulière d'Afrique qui était précisément concernée. Le pape accepta aussitôt l'appel et envoya des légats avec des lettres en Afrique pour examiner le cas. Une procédure plus sage aurait tout d'abord déféré Apiarius devant la cour d'appel ordinaire d'Afrique. Zosime commit ensuite la faute de baser son action sur un canon supposé du concile de Nicée, qui était en réalité un canon du concile de Sardica. Dans les manuscrits Romains, les canons de Sardica suivaient immédiatement ceux de Nicée, sans titre indépendant, tandis que les manuscrits Africains contenaient seulement les authentiques canons de Nicée, si bien que le canon invoqué par Zosime ne figurait pas dans les copies africaines des canons de Nicée. Ainsi un sérieux malentendu s'éleva sur cet appel, qui continua après la mort de Zosime. Outre les lettres du pape déjà mentionnées, il existe d'autres lettres des évêques des provinces Byzantines d'Afrique, concernant un évêque déposé, et aux évêques de Gaule et d'Espagne au sujet du priscillianisme et de l'ordination aux différents grades du clergé. Le Liber Pontificalis attribue à Zosime un décret sur le port du manipule par les diacres et sur la consécration des cierges de Pâques dans les paroisses rurales; également un décret interdisant aux clercs de se rendre dans les tavernes. Zosime fut enterré dans l'Eglise sépulchrale de Saint Laurent en Agro Verano (cf De Rossi, "Bulletino di arch. christ.", 1881, 91 sqq.).


Liber Pontificalis, ed. DUCHESNE, I, 225; JAFFE, Regesta Rom. Pont., 2nd ed., I, 49 sqq.; DUCHESNE, Hist. ancienne de l'eglise, III, 227 sqq.; IDEM, Fastes episcopaux de l'ancienne Gaule, I (Paris, 1891), 93 sqq.; GRISAR, Geschichte Roms und der Papste im Mittelalter, I, 285 sq., 288 sq.; LANGEN, Geschichte der romischen Kirche, I (Bonn, 1881), 742 sqq.; HEFELE, Konziliengeschichte, II, 114 sqq., 120 sqq.

J.P. KIRSCH
Tiré de "Catholic Encyclopedia", copyright © 1913 by the Encyclopedia Press, Inc. Traduction française : Bertrand Blochet, Mars 2000.